Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 09:33

6673277955_57148e61f7.jpgL'INA propose en téléchargement (ou en DVD), un dossier: l'enfer de Matignon, 4 volets de 52 minutes pour 7,99€.

 

Ce dossier dont j'ai vu les 3 premiers volets, décrit comment sont nommés les premiers ministres, comment ils travaillent, leurs rapports avec le président de la République.

 

Il y a 3 types de relation président / premier ministre :

  • la confiance: Chirac / Juppé
  • la méfiance: Chirac / Raffarin
  • la distance quand nous sommes dans une phase de cohabitation: Chirac / Jospin

La constitution est le seul cadre qui décrit leur fonctionnement et elle est très vague sur les règles: le président nomme le premier ministre, le premier ministre propose un gouvernement.

 

Il y a eu à peu près tous les cas de figure de nomination, le spécialiste en la matière étant François Mitterrand. En 14 ans de présidence, il a eu le temps de nommer beaucoup de premiers ministres. La seule constante du président étant sa volonté d'être réélu et de se maintenir au pouvoir.

 

Sur la nomination du PM:

Mitterrand avait par exemple prévenu Pierre Mauroy 1 an à l'avance qu'il le nommerait PM. Pour Michel Rocard, son ennemi politique au PS, il lui a laissé des indices quelques jours avant. Enfin pour Edouard Balladur, il ne le prévient pas du tout et ce dernier l'apprend à la radio.

 

Sur la composition du gouvernement:

Tous les anciens PM sont unanimes, le président impose la quasi totalité du gouvernement. L'un d'entre eux se plaint qu'en Europe, on peut prendre plusieurs jours voire plusieurs semaines pour constituer un gouvernement, mais qu'en France, il est nécessaire de l'annoncer tout de suite pour ne pas inquiéter.

Tout gouvernement contient un noyau où quelques ministres concentrent le pouvoir (des administrations à qui donner des ordres) et les autres sont là pour représenter.

 

Autheuil fait sur son blog une analyse des décrets d'attribution des périmètres gouvernementaux. On se rend rapidement compte que le pouvoir est concentré dans les proches de F Hollande. Il a de plus pris plusieurs conseillers spéciaux ce qui laisse à penser qu'il entend jouer un rôle actif dans le gouvernement de la France. Va-t-il laisser la capacité de trancher à JM Ayrault ou sera-t-il le vrai interlocuteur comme dans le couple Chirac / Raffarin ?

 

Arnaud Montebourg de son côté semble reprendre sa liberté de parole dans la presse, vue sa marge de manoeuvre limitée et la polémique sur sa compagne, je me demande s'il n'a pas l'intention de partir après les législatives.

 

Autre point inquiétant, cette réduction du budget du gouvernement est-elle équilibrée ? J'ai l'impression que les ministres peu influents vont cruellement en faire les frais au détriment des ministres puissants. Tout est donc en train de se jouer sur l'économie ? 

Par beldeche - Publié dans : Partis
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 12:48

J'hésitais entre un billet sur Audrey Pulvar ou Arnaud Montebourg (les deux ça fait trop pour un bloggueur), finalement le premier cas me semble plus clair à traiter.

 

En 2006, Arnaud Montebourg critiquait le conflit d'intérêt du couple Schönberg-Borloo. Lors des primaires socialistes, ses déclarations lui étaient revenus en effet boomerang puisque lui-même en couple avec Audrey Pulvar. La position d'Arnaud Montebourg avait été d'expliquer qu'il n'était pour l'instant que candidat à la candidature des primaires socialistes et pas ministre d'état et donc que sa compagne pouvait donc continuer d'exercer. Le voici maintenant Ministre du redressement productif et le boomerang revient pour la deuxième fois.

 

Mais la position d'Audrey Pulvar n'est pas celle de son compagnon... Pour elle, la question que l'on doit se poser est: une femme journaliste peut-elle prendre suffisamment de recul par rapport à son compagnon/mari homme politique pour exercer son métier ? Et elle estime qu'à partir du moment où elle dit au public la vérité sur sa situation personnelle, elle est capable d'avoir ses propres opinions et peut être journaliste. Elle dit également qu'il existe des journalistes qui sont des amis intimes d'hommes politiques qui tutoient et vont à leurs fêtes privées (anniversaires) dans la discrétion la plus totale.

 

A titre personnel, je pense plus comme Eric Zemmour que nous ne sommes jamais objectifs. Lorsqu'un couple politique journaliste se forme, ils s'influencent mutuellement. Mais je pense également que ce n'est pas une raison valable pour écarter quelqu'un du métier de journaliste car c'est une forme d'influence "passive": celle qui nous influence dans la vie de tous les jours. A l'inverse, ceux qui participent au milieu politique pour en retirer un avantage personnel et qui cachent leurs relations font bien plus de tort car il nous manque l'information pour lire leurs articles sous le bon angle et prendre du recul.

 

En 2011, N Demorand titrait "Cocu" en edito de Libé sur le scandale DSK. Un article qui pourrait facilement être transposé au monde des journalistes et à la déontologie. Quels sont les conflits d'intérêts que l'on nous cache et qui nous font cocus ?

Par beldeche - Publié dans : Société
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 22:25

Quelques réflexions sur les récentes prises de fonctions.

 

Pendant la cérémonie d'investiture de François Hollande:

Il y a mis un maximum de symbolisme, on voyait bien qu'il n'avait rien dit à ses ministres qui guettaient tous assez maladroitement un second regard de sa part jusqu'à JM Ayrault qui avait l'air interloqué. Tout comme Mitterrand, il a créé un premier cercle: ceux qui étaient présents à la cérémonie et voulaient tous un signe de plus. C'est le problème de la présidence normale, tous les gestes du président sont surinterprétés. Il est heureux que les enfants n'aient pas été là. Ségolène Royale s'est probablement trop écartée de la ligne Hollande et est sortie du cercle.

 

Sur le premier Ministre:

Comme je l'avais dit précédemment, il ne pouvait pas y avoir de bon choix. Il a choisi un proche, quelqu'un qui connait bien le parlement mais pas le métier de ministre. Je ne sais pas ce que c'est qu'être premier ministre mais je suis un peu inquiet, notamment quand on le voit face à JM Bourdin où il a du mal à s'affirmer. Les crises seront vite là et nous serons rapidement fixés.

 

Sur le gouvernement:

Pour que le gouvernement tienne, il faut une alliance de la majorité des forces socialistes. Or Martine Aubry ne peut être intéressée que par le poste de premier ministre. En le donnant à JM Ayraut et en excluant Ségolène Royale, il a alors besoin d'Arnaud Montebourg candidat qui a fait pencher l'élection des primaires. Je suis étonné et déçu que Montebourg n'ait pas obtenu mieux que ce ministère dont le nom évoque des pratiques grivoises (redressement productif).

 

Autre point, 34 ministres c'est beaucoup, on va lui reprocher de ne pas avoir su trancher mais la vrai question est de savoir qui aura vraiment le pouvoir dans ces ministres. Beaucoup de ces postes achètent un soutient.

 

Une erreur avoir fait sauter le ministère de la jeunesse... J'espère qu'elle sera rapidement rectifiée.

 

Enfin, avec le peu de connaissance du monde politique que j'ai, certain noms me semblent naturellement bien placés: Manuel Valls, Aurélie Philippetti, Marylise Lebranchu, Jérôme Cahuzac, Michelle Delaunay, Benoît Hamon et Fleur Pellerin.

Par beldeche
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 13:38

On voit fréquemment le sujet ressurgir, dans le domaine Informatique notamment, le nombre d'offres d'emplois augmente mais il y a toujours plus de chômeurs avec des difficultés de recutement croissantes. Il n'y a qu'un pas à franchir pour dire que les chômeurs sont des assistés et que leur couper les aides permettrait de faire baisser le nombre chômeurs.

 

Pôle emploi pense au contraire que le secteur souffre d'une mauvaise gestion.

 

Voci, ma vision:

 

Une société a un budget ponctuel (nouveau besoin par exemple) et doit arriver rapidement à un résultat. Elle fait appel à une société de sous-traitance en demandant un profil, les commerciaux des sociétés répondent par des CVs qui sont soit des salariés de ces sociétés, soit des sous-traitants, soit encore des chômeurs...

 

Déjà à ce point, il n'y a aucun plan de formation, le candidat doit correspondre au profil, il doit maîtriser la technologie et ne pas avoir envie de changer de techno (ce qui est très rarement le cas). Charge aux écoles de former sur les bonnes technologies, quant à ceux qui ont déjà plusieurs années de travail derrière eux, ils ne sont pas retenus sur les projets concernant d'autres technologies ou alors avec une formation pôle emploi et un salaire ridicule. Vu le nombre de chômeurs actuels, le client est convaincu qu'il va trouver le bon profil et qu'il sera techniquement pointu, ce ne sera pas forcément le cas.

 

En effet, dans ce processus de sélection, la RH est hors circuit. Il ne s'agit pas d'une embauche, il n'y aura pas de professionnel du recrutement lors de l'entretien. Ou plutôt si, il n'y en aura qu'un, c'est le commercial de la société de service. Au fur et à mesure des entretiens, le commercial cerne la personnalité du client, ses questions pièges, ce qu'il attend du poste... Avant chaque entretien, il formera ad nauseam le candidat sur les bonnes et les mauvaises réponses. C'est devenu une pratique courante que de faire une répétition de l'entretien avec le commercial dans le rôle du client (alors que lui ne connait pas la technique). Au final, le client aura le sentiment d'avoir trouvé le profil adéquat, ce sentiment se dissipera plus ou moins lorsque le candidat arrivera en poste. In fine, il n'aura pas recruté la perle rare qu'il pensait mais il pensera avoir fait au mieux.

 

La société sous-traitante connait les secteurs en vogue et ceux où il y a pénurie de ressources, elle pourrait former ses salariés sur ces secteurs mais celà lui cause un problème de marge pour deux raisons:

  • Le consultant ne génère pas de CA pendant sa formation mais continue de représenter un coût.
  • Il faudra l'augmenter en conséquence pour qu'il ne soit pas débauché par la suite par un concurrent (les clauses de dédit formation ne dépassant pas un an).

Notons cependant que depuis la création du DIF, les sociétés créent des filiales spécialisées en formation de qualité plus ou moins variables. Lorsque le salarié n'a pas de mission, il est envoyé dans une formation où la session n'est pas complète (il reste quelques places). Je n'ai pour ma part rencontré personne ayant retiré un emploi grâce à ces formations car elles sont très courtes (envion une semaine) et ont besoin d'être étayées par de la pratique.

 

La société sous-traintante se plaint alors de ne pas trouver les ressources sur le marché du travail et demande à ce que les formations soient réalisées avec de l'argent public. Par ailleurs, plus le marché du travail est engorgé et plus elle peut proposer des salaires bas, celui qui est en fin de droit est forcé d'accepter, ce qui aide le sous-traitant à préserver sa marge face au client exigeant. Peut appararaître alors une pratique, faire passer des offres d'emploi à salaire très bas. Les anciens à salaires normaux sont en parallèle encouragés à partir par des méthodes plus ou moins diplomates.

 

Ces pratiques ne créent pas d'emploi et dérivent de plus en plus chaque année, et encore je n'ai pas parlé du statut d'autoentrepreneur. A mon sens, il faudrait y mettre progressivement fin et revenir à un système où la société d'intérim serait le seul recours possible mais celà fâcherait beaucoup de monde.

Par beldeche - Publié dans : Société
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 20:41

Tout le monde s'impatiente et veut connaître le nom du prochain premier Ministre, pourquoi FH prend-il autant de temps pour l'annoncer ? Je ne peux ici qu'essayer de deviner...

 

Quelque soit l'annonce du choix du premier ministre, elle décevra plus qu'elle n'apportera d'espoir. FH cherche donc à gagner un maximum de temps, pour que les français se fassent le plus possible à l'idée qu'il est le nouveau président de la république. Il prépare le "troisième tour" afin que les indécis votent naturellement PS et lui offrent la majorité qu'il attend. C'est la raison pour laquelle on l'a vu avec Nicolas Sarkozy lors des journées de commémoration. NS ayant probablement accepté de participer pour la même raison que Jacques Chirac avait accepté de paraître aux côté de Nicolas Sarkozy.

 

Quoiqu'il en soit la droite semble définitivement battue. Le passage de Rachida Dati a ONPC hier soir m'en a convaincu. Chacun des UMP prend position avec des idées pro ou anti FN. Le "Ne donnons pas tous les pouvoirs au PS" pourrait marcher encore faut-il avoir un chef pour que tout le monde aille dans la même direction et que les français sachent qui serait premier ministre en cas de victoire. Le mieux placé serait à mon avis Alain Jupé pour des questions d'images: il est lié à Chirac que les français (nostalgiques) trouvent sympatiques, il n'a pas de condamnation récente et il n'a pas l'air lié aux affaires sulfureuses en cours. Il ne faut pas oublier que le premier ministre ne dispose pas de l'immunité du président. Mais la bataille actuelle a plus l'air de se jouer entre JF Copé et X Bertrand...

 

Personnellement, je voulais un président moins intégré au système que François Hollande. Les verts affichent leur volonté de dire amen à tout ce qui viendra du PS, je n'ai pas de sanction à voter contre la gauche de ma région ce qui exclue le vote stérile du FN. Au final, je voterai probablement FDG, car après tout, FH est connu pour sa capacité de concilliation.

 

Par beldeche - Publié dans : Partis
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