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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 20:17

Dès qu'il est question de la mort, nous nous braquons sur nos positions. C'est le sujet le plus difficile à appréhender et à discuter parce que nous redoutons presque tous la fin de nos propres vies. Or je pense que dans ce procès, il n'est pas question d'euthanasie mais d'autre chose.

Durant les auditions, une de ses anciennes collègues est venue témoigner. Elle raconte notamment le phénomène de gasp: lorsque des patients en phase agonique n'arrivent plus à respirer, leur corps se met à faire de longues respirations ce qui est particulièrement éprouvant pour la famille.

Lorsque j'étais adolescent, mes parents s'étaient liés d'amitié avec un couple lors d'un séjour en camping. Le mari, appelons-le Pierre, travaillait chez un constructeur automobile. Un jour, la médecine du travail l'a mis en arrêt maladie longue durée, et de fil en aiguille, les médecins ont fini par lui découvrir une maladie professionnelle incurable. Pierre a vécu 10 ans en arrêt maladie mais sur la fin, ses poumons étaient gravement atteints. Il a exprimé le souhait à plusieurs reprises de ne pas recevoir d'injections pour le placer dans le coma car il voulait montrer à ses enfants que dans la vie, il fallait se battre jusqu'au bout. Ils ont vécu le gasp qui a duré plusieurs heures, ils n'arrivent plus à en parler.

De ce que j'ai compris du jugement, les experts médecins disent qu'on ne peut pas prouver que les doses étaient destinées à tuer. Des twitts que j'ai vu passer, j'ai retenu qu'il existe pour chaque médicament deux valeurs de référence: une première qui indique à partir de quelle dose le médicament fait effet pour 50% des patients, la deuxième la dose qui tue 50% des patients. Ce que je comprends c'est que le docteur Bonnemaison a recherché la dose qui lui permettait de placer assurément ses patients dans le coma pour qu'ils ne se réveillent pas durant l'agonie. Les médecins ont dû estimer qu'elle était assez élevée pour empêcher les patients de reprendre conscience mais pas assez pour rechercher à les tuer.

Parfois, nous sommes confrontés à l’imminence de la mort d'un proche et des médecins essaient de nous expliquer la réalité de ce qui va se passer. Je pense que si nous ouvrions le débat au niveau national et que nous étions confrontés à des vidéos de gasp, la quasi totalité d'entre nous approuveraient le docteur Bonnemaison. Le vrai choix qui aurait pu s'offrir à ces patients était: être placés définitivement dans le coma avant de mourir ou être conscients et s’asphyxier devant leurs proches. Et la question qui se pose alors est comment faire un choix éclairé dans ce moment là ?

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commentaires

artisan paris 26/11/2014 22:33

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement

trafic 12/10/2014 13:51

Je vous félicite pour votre recherche. c'est un vrai œuvre d'écriture. Poursuivez

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