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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 13:38

On voit fréquemment le sujet ressurgir, dans le domaine Informatique notamment, le nombre d'offres d'emplois augmente mais il y a toujours plus de chômeurs avec des difficultés de recutement croissantes. Il n'y a qu'un pas à franchir pour dire que les chômeurs sont des assistés et que leur couper les aides permettrait de faire baisser le nombre chômeurs.

 

Pôle emploi pense au contraire que le secteur souffre d'une mauvaise gestion.

 

Voci, ma vision:

 

Une société a un budget ponctuel (nouveau besoin par exemple) et doit arriver rapidement à un résultat. Elle fait appel à une société de sous-traitance en demandant un profil, les commerciaux des sociétés répondent par des CVs qui sont soit des salariés de ces sociétés, soit des sous-traitants, soit encore des chômeurs...

 

Déjà à ce point, il n'y a aucun plan de formation, le candidat doit correspondre au profil, il doit maîtriser la technologie et ne pas avoir envie de changer de techno (ce qui est très rarement le cas). Charge aux écoles de former sur les bonnes technologies, quant à ceux qui ont déjà plusieurs années de travail derrière eux, ils ne sont pas retenus sur les projets concernant d'autres technologies ou alors avec une formation pôle emploi et un salaire ridicule. Vu le nombre de chômeurs actuels, le client est convaincu qu'il va trouver le bon profil et qu'il sera techniquement pointu, ce ne sera pas forcément le cas.

 

En effet, dans ce processus de sélection, la RH est hors circuit. Il ne s'agit pas d'une embauche, il n'y aura pas de professionnel du recrutement lors de l'entretien. Ou plutôt si, il n'y en aura qu'un, c'est le commercial de la société de service. Au fur et à mesure des entretiens, le commercial cerne la personnalité du client, ses questions pièges, ce qu'il attend du poste... Avant chaque entretien, il formera ad nauseam le candidat sur les bonnes et les mauvaises réponses. C'est devenu une pratique courante que de faire une répétition de l'entretien avec le commercial dans le rôle du client (alors que lui ne connait pas la technique). Au final, le client aura le sentiment d'avoir trouvé le profil adéquat, ce sentiment se dissipera plus ou moins lorsque le candidat arrivera en poste. In fine, il n'aura pas recruté la perle rare qu'il pensait mais il pensera avoir fait au mieux.

 

La société sous-traitante connait les secteurs en vogue et ceux où il y a pénurie de ressources, elle pourrait former ses salariés sur ces secteurs mais celà lui cause un problème de marge pour deux raisons:

  • Le consultant ne génère pas de CA pendant sa formation mais continue de représenter un coût.
  • Il faudra l'augmenter en conséquence pour qu'il ne soit pas débauché par la suite par un concurrent (les clauses de dédit formation ne dépassant pas un an).

Notons cependant que depuis la création du DIF, les sociétés créent des filiales spécialisées en formation de qualité plus ou moins variables. Lorsque le salarié n'a pas de mission, il est envoyé dans une formation où la session n'est pas complète (il reste quelques places). Je n'ai pour ma part rencontré personne ayant retiré un emploi grâce à ces formations car elles sont très courtes (envion une semaine) et ont besoin d'être étayées par de la pratique.

 

La société sous-traintante se plaint alors de ne pas trouver les ressources sur le marché du travail et demande à ce que les formations soient réalisées avec de l'argent public. Par ailleurs, plus le marché du travail est engorgé et plus elle peut proposer des salaires bas, celui qui est en fin de droit est forcé d'accepter, ce qui aide le sous-traitant à préserver sa marge face au client exigeant. Peut appararaître alors une pratique, faire passer des offres d'emploi à salaire très bas. Les anciens à salaires normaux sont en parallèle encouragés à partir par des méthodes plus ou moins diplomates.

 

Ces pratiques ne créent pas d'emploi et dérivent de plus en plus chaque année, et encore je n'ai pas parlé du statut d'autoentrepreneur. A mon sens, il faudrait y mettre progressivement fin et revenir à un système où la société d'intérim serait le seul recours possible mais celà fâcherait beaucoup de monde.

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