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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 12:11

Réputé pour son ingouvernabilité le PS arrivera-t-il à propulser un candidat en 2012 ?

 

Un peu de mathématiques, la théorie des Jeux

John Forbes Nash est un mathématicien prix Nobel d'économie sur ses travaux sur les jeux non coopératifs qui a développé de nouveaux modèles sur la concurrence.

Qu'est-ce qu'un jeu ?

C'est un modèle a plusieurs participants ou chacun peut perde ou gagner. chaque joueur peut adopter une stratégie qui influence ses résultats et ceux des autres, il y a plusieurs critères:

  • le nombre de joueurs
  • le statut coopératif ou non (on recherche la meilleure stratégie globale ou individuelle)
  • à somme nulle ou non nulle: est-ce que ce qui est perdus par les uns est-il intégralement redistribués aux autres

Exemple: deux joueurs jouant à pile ou face, c'est un jeu non coopératif (chacun joue pour soi) à somme nulle (ce que l'un perd, l'autre le gagne).

 

Le dilemme du prisonnier

Nash a démontré que pour certains jeux, il existe au moins une position d'équilibre: c'est à dire une stratégie qui sanctionne les joueurs qui s'en écartent. Un exemple célèbre: le dilemme des prisonniers. Deux condamnés peuvent choisir de dénoncer l'autre. Si aucun des deux ne dénonce, ils effectuent 6 mois de peine, si un seul dénonce l'autre alors celui qui dénonce est remis en liberté et l'autre prend 10 ans, si les deux dénoncent alors ils prennent 5 ans.

Dans un jeu individualiste, un prisonnier va tenter de convaincre l'autre de ne pas le dénoncer et dénoncer son complice pour être remis en liberté immédiatement ce qui est la solution optimale pour lui. L'autre suivant le même raisonnement, va également dénoncer et ils prendront 5 ans chacun.

On se rend compte alors que les deux prisonniers auraient intérêt à coopérer pour ne prendre que 6 mois, le problème vient que cet équilibre est instable en cas de trahison et sanctionne lourdement.

 

Analogie avec le PS

C'est exemple est très approchant de ce qui se passe au sein du parti socialiste. Aux primaires, chaque candidat vise la présidentielle et cette course plombe tous les candidats. Chacun essayant de discréditer l'autre, au final le vainqueur des primaires sort avec une crédibilité entamée, il échoue et tous les autres qui auraient pu prétendre à des postes de ministres ou de secrétaires d'état se retrouvent avec des mandats locaux.

Mais l'ambition personnelle n'est pas le propre de l'élite du PS, il existe un catalyseur à cette soupe à la grimasse: la proportionnelle. Chaque candidat peut prétendre à créer son courant, les candidatures se multiplient et chacun tente de se démarquer de l'autre pour justifier l'existence de sa motion. D'où l'impression de "bordel" qui s'en dégage. Cette faiblesse n'a pu être surmontée que 2 fois par un candidat habile: François Mitterrand (aidé également par la division de la droite) et par un candidat par défaut: Lionel Jospin, personne ne se battant pour prendre la tête du parti après Mitterrand. Candidat par défaut qui se montrera de surcroît suffisamment compétent pour reconquérir le pouvoir. 2002 sera également un échec, le problème socialiste s'élargissant à toute la gauche: la mutliplicité de candidatures de partis de gauche entraînant la dispersion des voix au profit du FN.

 

Comment sortir du cercle vicieux ?

Pour sortir de cette crise quelques pistes: un renforcement du premier secrétaire qui est comme le signalait Lionel Jospin, le candidat naturel du PS. L'introduction de mécanismes de sélection dès le premier tour des primaires afin que les candidats faibles se rallient aux forts mais n'entrent pas en compétition: comme par exemple la limitation du nombre de candidatures avec un nombre de parrainages minimum d'élus locaux PS ou de militants.

Bref des mesures qui sont idéologiquement opposées à celle du PS mais qui pourraient le guérir du syndrome de la 3ème république. Ceux qui ont le plus à perdre à l'heure actuelle ce sont les quadras qui n'ont jamais pu accéder à des postes de ministres ou de secrétaire d'état et manquent donc d'expérience pour exercer la fonction de président de la république. En somme, il leur faut introduire les règles qui inverseront à terme le dilemme du prisonnier, rendront le parti gouvernable et ramèneront une évolution générationnelle naturelle au sein du parti.

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