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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 09:26

5491793375_f0c608434b.jpgLa cours européenne de justice vient de rendre un arrêt interdisant la prise en compte du sexe dans les facteurs de l'assuré à partir du 21 décembre 2012 (soit d'ici 2 ans). Notons tout de suite que cette discrimination est normalement interdite et qu'il y avait ici dérogation.

La première conséquence sera la hausse des tarifs d'assurance auto pour les femmes (mais ça touche aussi d'autres contrats: vie, santé, etc...). J'ai spontanément été choqué par cette nouvelle, d'une part parce que l'égalité est très loin d'être faite notamment en matière de salaires et de carrières et d'autre part, parce que si elles sont naturellement moins enclines à avoir des accidents, il me parait normal qu'elles paient moins.

 

J'ai donc essayé de trouver des contre-arguments et déjà sur le principe fondamental de l'assurance, je tique. Une assurance base sa prime sur le risque (mesuré statistiquement) que peut courir un individu. En ce sens même si vous n'avez jamais d'accident, vous aurez toujours payé plus cher qu'un autre assuré dans une catégorie à risque inférieure. Et je me rend compte que la réaction que j'ai eu à la première annonce est très "américaine": je suis favorable à un système qui permet de discriminer alors que la tradition française va plus dans un fonctionnement égalitaire comme la sécurité sociale par exemple. En y réfléchissant d'avantage, un système moins discriminant augmenterait la concurrence entre assurances. Plus le système est complexe moins on peut y toucher: un assureur peut faire faillite, les hauts responsables seront moins enclins à lancer des politiques de concurrence agressives s'ils n'arrivent pas à mesurer fiablement le danger couru pour leur société.

 

Revenons sur le critère du sexe, en quoi le fait d'être une femme implique d'avoir moins d'accidents ou de vivre globalement plus longtemps et en meilleure santé. Est-ce un critère lié à la génétique ou sociologique ou autre ? Mon opinion personnelle est que c'est avant tout un critère un génétique, femmes et hommes baignent dans des hormones différentes. Après, il est possible qu'en grandissant filles et garçons évoluent différemment dans leur comportement de part une résonance sociologique qui naîtrait de ces hormones. Autrement dit, il est possible que nos différences dues aux hormones s'amplifient lorsque nous grandissons parce que nous ne pouvons pas faire exactement les mêmes choses. Par exemple, s'il y a beaucoup plus de pédophiles masculins que féminins, est-ce dû à la conception du cerveau masculin ou aux critères dans lequel le pédophile masculin peut évoluer dans sa vie. Probablement une base génétique (simple fait d'être un homme) à laquelle s'ajoute une éducation et un caractère propre. On reste dans le flou car déterminer des pourcentages sur ces facteurs me semble trop difficile.

 

Un critère génétique pur serait absolument choquant: imaginez des systèmes d'assurances qui prendraient en compte les tares génétiques... Le sujet homme/femme est plus à la limite, car il nous touche tous. Finalement mon sentiment profond qu'il s'agit à la base d'un critère génétique et une méfiance sur ce mode de pensée statistique qui peut être utilisé dans un sens défavorable à la femme, me conduisent à penser que la décision du tribunal est bénéfique. Si on accepte par exemple que les femmes payent moins d'assurance parce qu'elles conduisent moins, on peut alors justifier qu'elles partiraient plus tard en retraite car lorsqu'elles font des enfants, elles ne travaillant pas, ça devient un fait... Ce genre de société est possible mais personnellement je préfère un système égalitaire. On pourrait essayer également de mixer les deux mais il faut trouver une règle d'équilibre.

 

Je laisse le mot de la fin aux assureurs extrait de l'article de Métro:

"La décision des juges de ne pas reconnaître que le sexe est un facteur légitime dans la tarification des contrats d'assurance (...) est une mauvaise nouvelle pour les clients des compagnies d'assurance", a ainsi commenté Michaela Koller, directeur général de la Fédération européenne des assureurs.

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