Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 12:09

3497413765_5aa3d98737.jpgLa participation très houleuse de Laurent Obertone à ONPC, pose une question simple: faut-il prendre le temps de lire France Orange Mécanique pour se faire une opinion du livre?

Avant de m'engager dans la lecture de plus de 300 pages, je suis allé chercher quelques articles de l'auteur sur le net dont un sur Atlantico: Comment la justice est devenue un terrain de luttes communautaires et religieuses en essayant de prendre un maximum de recul.

 

L'auteur commence par introduire des statistiques de la gendarmerie sur la "profanation des églises" et déjà je m'interroge sur ce qui est mesuré. Je connais la profanation des tombes mais à quoi peut bien correspondre la profanation d'une église? S'agit-il d'une effraction, d'un vol, de vandalisme? Une recherche google sur la définition de la profanation dans le code pénal m'éclaire un peu: [...]La violation ou la profanation, par quelque moyen que ce soit, de tombeaux, de sépultures, d'urnes cinéraires ou de monuments édifiés à la mémoire des morts[...]. On peut alors en déduire que ces statistiques correspondent à tous ces délits. On ne peut donc à priori pas identifier celles qui sont volées de celles qui sont vandalisées. Les chiffres sont dilués et il est difficile de tirer une conclusion. Il est d'ailleurs possible que les synagogues soient plus cambriolées parce que dans l'esprit des voleurs, ils supposent que ce soit le lieu où il y ait le plus d'objets de valeur.

Mettre ensuite ces chiffres en regard avec le fait que les journaux titreraient plus sur les mosquées ou les synagogues profanées me parait hasardeux. Les quelques recherches que j'ai pu faire sur le net ne m'ont données que des articles de type fait divers.

 

Plus généralement, il ramène les statistiques à l'ensemble de la population concernée: le % de juifs agressés pour antisémitisme, le % d'homo etc... Il compare les populations entre elles et sous-entend que ce sont des problèmes marginaux au regard des statistiques globales. La méthode est biaisée: comment un agresseur fait-il pour savoir que sa victime est homosexuelle ou juive?  Quel est le curseur pour dire que l'agression était raciste ? Comment comparer les chiffres d'une association avec une visibilité limitée avec ceux de la police nationale ?

Toute la logique de cette pensée qui devrait être de mettre en valeur les "vrais" problèmes disparait sous la stigmatisation et ce genre de critiques apparait quand le gouvernement remet en cause la politique du chiffre. Les interviews chez Ruquier et chez Zemmour Et Naulleau ne font pas apparaître d'analyse des problèmes, le livre est toujours qualifié de confus. La solution proposée, c'est de construire des prisons et d'appliquer des peines dures. Le modèle Américain en somme qui était proposé mais non appliqué par Nicolas Sarkozy...sans s'interroger sur ce que proposent Valls ou Taubira.

 

La douleur des victimes devrait prévaloir sur tout et cette idée a construit la pensée de l'auteur sans voir à quoi ressemblerait la société si ses idées étaient appliquées. Très peu pour moi.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Apories
  • Apories
  • : Essais de réflexion sur notre société actuelle. RSS: http://feeds.feedburner.com/over-blog/qdQl
  • Contact

Recherche

Liens