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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 20:44

1136067754_00583b4451.jpgArnaud Montebourg fait une sortie contre l'arcep, l'autorité chargée de réguler le marcher des télécoms.

 

Etant ingénieur Télécom, j'ai pu vivre l'évolution du secteur depuis l'ouverture à la concurrence voulue par l'Europe et je voudrais en profiter pour donner mon opinion.

 

L'ouverture à la concurrence n'a d'abord pas été un facteur d'innovation, les premiers opérateurs concurrents de France Télécom nés dans les années 90, n'ont pas apporté de nouveaux produits. Et si l'ART (ancien nom de l'ARCEP) était un organisme visant à l'ouverture à la concurrence, son action aura longtemps été un échec partiel.

 

Les premières offres concurrentielles concernaient la téléphonie fixe: il fallait faire le 7,  le 9, le 4 en lieu et place du 0. Puis vint, la préselection qui permettait choisir l'opérateur derrière le 0 mais ces offres n'étaient pas intéressante pour le consommateur, on ne gagnait que quelques centimes à la minute pour pas mal de paperasse. Les offres internet bas débits n'étaient pas mieux, les forfaits étaient chers, lents et limités à quelques heures par mois. L'ADSL marqua un pas en avant dans le confort mais le prix d'un abonnement restait plus cher qu'un forfait bas débit.

 

L'arrivée de Free fit bouger les lignes d'abord par des prix calculés sur de vrais coûts ensuite par l'ajoût de la téléphonie illimité et de la télé sur ADSL. Les opérateurs virtuels qui ne possédaient pas de réseau disparurent, leurs marges devenant insuffisantes. Si l'ARCEP avait été une entité dont le but était la concurrence, elle aurait dû pousser les grand opérateurs à faire des prix plus bas pour les petits. Si c'est le cas, elle a échoué sur ce point.

 

Dans les dossiers, elle a pourtant toujours poussé les opérateurs à avoir des engagements de couverture, d'investissements, de qualité de réseaux mais il est difficile de contraindre un lobby.

 

S'il faut en croire Authueil, aujourd'hui, le message des opérateurs est le suivant: free mobile nous pousse à diminuer nos marges, pour les conserver nous devrons fermer les boutiques ce qui signifie des pertes d'emploi, la faute à l'ARCEP qui arbitre en faveur du seul argument de la libre concurrence.

 

Je pense qu'il faut entendre cet argument mais il faut aussi faire l'état des lieux des contraintes qui sont imposées aux opérateurs. Par exemple, sur une ligne téléphonique classique, un particulier a un engagement de remise en service de 48 heures, avec 2 mois d'indemnités si le service n'est pas rétabli à temps. Sur un service ADSL, il n'y en a aucune. Ces contraintes ont un coût pour l'utilisateur final, mais elles sont aussi créatrices d'emplois: imaginez qu'on opérateur doive vous verser 60€ si le service adsl tombe en panne plus de 48 heures, il y mettra les moyens... Si Arnaud Montebourg veut équilibrer le marcher, il serait souhaitable qu'il écoute les associations de consommateurs (et les syndicats) afin de créer des contraintes acceptables pour les opérateurs. Si l'on veut que le système regagne de la vertu, il faut que la non qualité devienne un risque sanctionnable financièrement par les tribunaux, par l'arcep...

 

Les contraintes sanctionnables devant les tribunaux et l'arcep donne le prix bas du marcher (on doit pouvoir y mettre plus que 2€), la concurrence empèche l'envolée des prix (ça ne vaut pas 50€).

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