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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 12:00

3273629749_fe98856b70.jpgLa pêche aux voix du FN de Nicolas Sarkozy déclenche des pelletés de protestation à gauche. C'est très bien mais ça ne construit aucunement un programme de gauche. Au contraire même, on ne sait plus ce qui reste du programme de François Hollande... Autrement dit, le rapprochement UMP -> FN garantit que je ne voterai pas à droite mais ce n'est pas pour autant que je ça déclenche mon vote vers la gauche car après les présidentielles viennent les législatives.

 

Je fais partie de la catégorie des cadres moyens travaillant en milieu informatique.

 

En 2001, avant l'explosion de la bulle Internet, la gestion était délirante, les managers ne tenaient pas compte des coûts. L'important c'était d'être visible. Puis vint la crise. Dans un premier temps, les coûts ont été rationalisés, on a revu les équipes aux dimensions correctes, il fallait justifier avant de dépenser, les contrôleurs de gestion avait la maîtrise, c'était une époque équilibrée. Mais les actionnaires veulent toujours plus, et les budgets ont basculé dans le politique: un PDG est challengé par les actionnaires pour faire toujours plus d'argent avec moins de dépenses, il répercute ces contraintes sur ses cadres supérieurs. Il arrive un moment où il devient impossible d'arbitrer les choix car on veut un niveau de qualité mais on se rend compte que les services ne savent pas faire car ils n'ont pas assez de temps pour traiter. Et ce, bien que les marges soient à deux chiffres, et parfois bien qu'il n'y ait aucune concurrence internationale dans ce secteur.

 

La société passe alors par l'externalisation: on fait un appel d'offre où l'on met en concurrence des sous-traitants et on délègue tout ou partie de l'activité. Les sous-traitants se battent sur les tarifs car sinon ils ferment. On sait que la qualité va baisser et on sait que le sous-traitant aura une conception plutôt laxiste du droit du travail... Les syndicats de la boîte mère ne bougent pas trop tant que cela n'affecte pas les effectifs car cela permet de relâcher la pression sur les équipes internes. Le prestataire a plus de travail mais c'est normal puisque ce n'est pas un "interne". D'année en année, la qualité se dégrade, vous le percevez quand vous vous adressez aux sociétés. Aujourd'hui, travailler en tant que cadre, c'est être noyé de demandes en sachant très bien qu'on ne peut pas les traiter, il arrive même qu'on ne puisse plus traiter l'urgent alors la demande de Mme Michu est clôturée sans qu'elle ait jamais vraiment été traitée.

 

Les discours sur la flexibilité du travail ou sur le vrai travail me semble délirants. Une société qui veut de la flexibilité a déjà trop d'outils ou alors elle est gérée par un management qui a fait les mauvais choix. Le vrai travail c'est quoi ? Être débordé tous les jours et produire une qualité minable ? Je suis, comme d'autres, par mon parcours imperméable à ce discours.

 

Pour la gauche, je conçois que la pression des marchés rende difficile toute avancée mais je ne vois pas de volonté de rééquilibrage dans le projet de François Hollande. Je ne demande pas une imposition globale à 75% mais le recul sur l'imposition pour "revenir à 2011" me fait grincer des dents. Le tout conjugué avec un brouhaha sur le thème "le FN, c'est mal !". Je ne suis pas certain que le système tienne encore 5 ans même si j'espère que quelqu'un pourra le sauver.

 

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