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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 15:01

Pour aborder ce sujet, il faut commencer par se demander ce qu'est la mort.

 

Définir la mort

Pour comprendre, essayons de considérer notre propre mort. Je n'ai aucune certitude sur ce qu'il y a après la mort, car je suis encore vivant. La seule expérience que j'en ai, c'est celle au travers des autres. Et c'est, comme le dit Luc Ferry, "le domaine du plus jamais".  C'est une disparition, une fin irrémédiable. J'ai donc peur de ma disparition et j'ai peur de perdre ceux qui m'aiment, et les deux bien que différents sont liés dans mon esprit.

On pourrait dire que dans l'évolution, l'homme a cessé d'être un animal quand il a commencé à essayer de penser ce qu'était la mort. La première réponse que l'homme ait pu trouver fut la religion., Aux débuts de l'humanité, là où le fonctionnement de l'univers était inconnu et où les hommes subissaient la nature, il était inévitable d'imaginer des dieux qui pouvaient tout et notamment nous offrir un vie après la mort.

L'histoire nous enseigne aussi que les religions naissent comme des organes politiques. Lorsque Dieu possède un pouvoir absolu, il est normal que les hommes le représentant aient un rôle important dans la société. Et naturellement, le livre religieux de référence contient des phrases qui leur accorde cette autorité. Mais ces livres sont parfois douteux: la théorie créationniste (existence d'Adam et Eve), "croissez et multipliez vous"  sont par exemple des phrases de référence de la religion dont on s'aperçoit aujourd'hui qu'elles sont dépassées. Même si l'on reste croyant, on peut alors douter de la validité de l'interdiction du suicide. Mettons temporairement de côté la religion pour ceux qui sont croyants pour voir ce que l'on peut dire d'autre.

Nous finirons tous par mourir, c'est un phénomène inéluctable que nous pouvons dans certains cas influencer par une hygiène de vie. Le corps et le cerveau dépérissent lentement, au début on récupère facilement, puis on se fatigue de plus en plus et arrive un moment où quand on se réveille avec une douleur on sait qu'elle ne partira plus. Beaucoup de ceux qui vivent très vieux disent attendre la mort, vous pouvez par exemple lire le dernier livre de l'Abbé Pierre "Mon Dieu...pourquoi ?". Une partie d'entre nous, arrivera donc à un moment à cette phase, soit par la maladie, soit par la vieillesse et dans certains cas, nous souffrirons physiquement ou psychologiquement beaucoup.

 

Vivre la fin de sa vie

Si je suis en phase terminal de cancer, je risque de passer des mois alité à me regarder dépérir avec mes proches à mon chevet. Si je suis atteint d'Alzheimer, je vais perdre la mémoire jusqu'à devenir un autre et hurler des horreurs aux proches qui pourraient venir me visiter. Donc, même si je suis aujourd'hui très attaché à la vie, qui me dit que je ne vais pas me retrouver un jour dans cette situation où je voudrai mourir ? Peut-être un jour, mes proches tétanisés par l'idée de me perdre me maintiendront en vie par peur de ne plus jamais me voir. Il me semble normal que chacun puisse alors faire son choix après que les médecins aient statué qu'une amélioration soit quasi impossible et après un délai de rétractation dépendant de l'état actuel du patient. Mais sans le consentement des proches et où chacun fait son choix en fonction de ses propres convictions qu'elles soient religieuses ou autres...

 

Une question implicitement liée à une autre

Cependant, cette ouverture n'est pas sans danger. Les propos de Christine Boutin si on leur retire leur connotation religieuse, nous font craindre une dégénération de cette pratique car, les maisons de retraites, les unités de soins intensifs sont actuellement sous-dimensionnés. Le risque est que sous couvert d'un droit à la mort, ces lieux deviennent des abattoirs. Faute de moyens, l'ambiance glauque, l'absence de soins pousseront les occupants à demander la délivrance. Elle ne peut s'accompagner que d'un vrai système de prise en charge du traitement de la douleur avec des lits, du personnel, des drogues et des médicaments. Aux Etats-Unis par exemple, les recherches sur l'utilisation du LSD en phase terminale du cancer ont été réautorisées. Il y a donc là un difficile équilibre à trouver entre droit à une fin de vie digne et les moyens de financer un libre arbitre.

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commentaires

Zouk 24/01/2011 11:07


Très intéressant...


beldeche 24/01/2011 22:14



Merci, c'est un sujet difficile.



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