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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 13:17
Illustration par Thomas Bresson

Illustration par Thomas Bresson

C'était un compte twitter que j'avais vu RT plusieurs fois sans arriver à le classer, une PP sibylline, des twitts simples et amusants, et un je ne sais quoi qui me faisait rester à distance.

Et puis, un jour j'avais vu passer un message dans lequel il demandait qui serait son Xéme follower, je ne me souviens plus de quelle centaine il s'agissait mais quelle importance ? Sautant sur l'occasion, je m'étais inscrit en lui annonçant que j'étais l'heureux élu ! OUPS... je réalisais rapidement que le titre en question était destiné à quelqu'un d'autre. Fallait-il que je me désabonne puis réabonne ? Que je m'excuse ? J'avais préféré garder le silence en me disant que tant pis nos relations seraient toujours entachées de cette malencontreuse petite maladresse.

Étonnamment, c'est lui qui était revenu me parler...de manière très amicale et nous avions fini par sympathiser. Je pense qu'il montrait sur twitter son côté le plus simple et le plus humain.

Il est parti dimanche dernier abruptement et il me manque un peu parce que vraiment il trouait l'cul.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 13:22

En préambule à cet article, je voudrais préciser ma pensée sur Manuel Valls, je n'ai jamais trouvé utile de le faire dans un article à part. Je n'ai personnellement rien contre les mesures concernant l'emploi et le travail qu'il a pris jusque là. C'est surprenant pour un gouvernement de gauche mais la situation actuelle peut justifier sa position, il fait peut-être fausse route, je pense néanmoins que ça vaut la peine de le laisser continuer. Je suis en revanche dubitatif sur sa loi sur le renseignement.

Illustration de Ryoji Ikeda

Illustration de Ryoji Ikeda

En essayant de se détacher de tout dogme, il parait évident que la police et le renseignement français ont besoin d'avoir un accès a des données informatiques, le problème c'est que la question n'a pas été débattue.

Quels périmètres et à quels degrés ?

Aujourd'hui, j'ai une vague idée de ce que la police peut demander à un opérateur. Mais quel est le degré d'intrusion que ces services peuvent employer ? On pourrait envisager une échelle qui autoriserait un accès croissant à certains moyens: le simple délit, le crime, les organisations criminelles, la raison d'état...

Quel contrôle?

A chacun de ces échelons, on pourrait faire correspondre un degré de contraintes juridiques croissantes dans le respect du principe de séparation des pouvoirs. La raison d'état posant le plus de difficultés mais comme le signale Authueil, la présence du juge judiciaire est la condition qui permettra au citoyen "normal" de faire confiance au système.

Quelle efficacité ?

En dehors du mécanisme juridique, l'informatisation du système de renseignement français pose des problèmes d'efficacité et de finalité...

Prenons par exemple le cas de l'affaire Merah: le lundi 12 mars 2012, un motard est abattu d'une balle dans la tête dans un parking. Le jeudi 15 mars, la DCRI a une dizaine de suspects dont Mohamed Merah, on decide alors de partir sur une investigation informatique: 516 adresses IPs sont remontées (516 connexion internets) ainsi que 7 millions de données téléphoniques déclenchant 200 auditions et 1000 PVs...

Permettez moi de spéculer un instant: une commission secrète a été crée pour comprendre l'origine de cet imbroglio et cette commission a conclu qu'il fallait automatiser le traitement des données et a préparé l'actuel projet de loi.

Je ne sais pas si ce rapport existe, mais ce que je sais c'est que les consultants en sécurité sont très forts pour vendre. Pour un élu, il est pyschologiquement plus facile de se dire, je vais investir dans un outil qui donnera des informations dès que je l'interrogerais plutôt que d'avoir affaire à des responsables de services qui me demanderont du temps pour enquêter.

Ces mécanismes seront-ils efficaces ? Je ne suis pas spécialisé dans ce domaine mais quand je vois à quel point il est difficile d'extraire de l'information pertinente d'une masse de données, je suis assez septique. Ajoutons à cela, le témoignage d'Edouard Snowden qui explique que l'espionnage de masse aux états-unis depuis 10 ans n'a permis de déjouer aucun attentat mais a consommé des quantités incroyables de budget.

Reste enfin le risque quasi certain de détournement de cet outil: besoin du pouvoir actuel de connaître l'état d'avancement d'un dossier au tribunal, hack par des terroristes, hack par des companies privées, espionnage par des pays étrangers.

Au final, si on regarde l'affaire Charlie Hebdo, ils avaient reçu des menaces très claires, le danger était bien identifié mais les mesures mises en place avaient fini par fondre pour atteindre: 1 digicode et 1 garde du corps. Le problème n'est pas d'être averti, le problème c'est d'avoir les moyens de maintenir un dispositif humain en période de crise budgétaire.

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 22:03

Depuis l'attentat, j'essaie de sortir un article mais difficile d'y voir clair dans l'ambiance qui règne. Je me suis résolu à attendre la fin de la manifestation pour laisser l'ambiance retomber.

Pour essayer d'être juste, il faut tout dire et commencer par le désagréable. Charlie hebdo représente un courant d'idées marginales avec une audience en difficulté. Les membres de la rédaction qui sont morts définissaient leur journal comme antireligieux et principalement athée. Ne croyant pas en dieu, ils ont pourtant mis en jeu leurs vies en connaissant les risques. Et c'est ainsi, quand on s'interroge sur ce que l'on ne veut pas regretter au moment de sa mort, que l'on choisit les positions qui donnent un sens à sa vie.

L'élan qui a suivi s'est fondé sur l'incrédulité, le sentiment d'injustice et l'horreur de cet acte, un sentiment qui a uni des personnes malgré leurs divergences d'opinion. Après tous ces déluges de mouvements "anti", ça fait du bien de voir les gens se rassembler autour de quelque chose de positif, je pense que les familles de toutes les victimes en avaient besoin.

Le côté négatif, c'est que ce mouvement est éloigné des valeurs de Charlie hebdo. Le slogan déjà ressemble à une idée de communication d'un cabinet de conseil américan (pour ceux qui connaissent c'est l'équivalent du "je suis le barrage" d'un épisode de South Park). C'est simple efficace et tout le monde s'y retrouve mais c'est très loin d'être du Charlie et ça le sacralise. Dire des messes, représenter les personnes décédées dans des nuages avec des dialogues gnagnan, ce n'est pas du tout Charlie. Et que dire des politiques, des journalistes, des certains chroniqueurs mondains qui se sont rués pour s'associer par opportunisme à l'émotion et qui ont commencé à récupérer le mouvement ?

On atteint la limite de la manif, et maintenant que le climax est passé, l'union va disparaître et le mouvement va éclater pour voir surgir des idées simplistes et dogmatiques, et des propositions lois inefficaces. Je pense que la prochaine édition de Charlie Hebdo va se charger de rappeler aux gens ce qu'est le journal et lutter contre la récupération.

Et maintenant que pourrait-on faire d'autre ? Je crois qu'il faudrait trouver un écosystème juridico-économique pour rendre viable des journaux aux audiences plus restreintes. Des charges réduites ? Des exonérations de taxes ? Un système de chômage aligné sur celui des intermittents ? Un prix ou une bourse pour le meilleur caricaturiste jeune talent de l'année ?

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 10:31

Les polémiques enflent rapidement sur le net et j'aime bien aller rechercher des textes de l'antiquité pour contraster avec les techniques de communication modernes. Dans cet extrait, Aristote énumère les différents types de vie qui existent selon lui dont celle de la recherche de l'honneur.

Aristote, Ethique à Nicomaque, I, 3.

« Les hommes, et il ne faut pas s’en étonner, paraissent concevoir le bien et le bonheur d’après la vie qu’ils mènent. La foule et les gens les plus grossiers disent que c’est le plaisir : c’est la raison pour laquelle ils ont une préférence pour la vie de jouissance. C’est qu’en effet les principaux types de vie sont au nombre de trois : celle dont nous venons de parler, la vie politique, et en troisième lieu la vie contemplative. — La foule se montre véritablement d’une bassesse d’esclave en optant pour une vie bestiale, mais elle trouve son excuse dans le fait que beaucoup de ceux qui appartiennent à la classe dirigeante ont les mêmes goûts qu’un Sardanapale. — Les gens cultivés, et qui aiment la vie active, préfèrent l’honneur, car c’est là, à tout prendre la fin de la vie politique. Mais l’honneur apparaît comme une chose trop superficielle pour être l’objet cherché, car, de l’avis général, il dépend plutôt de ceux qui honorent que de celui qui est honoré ; or nous savons d’instinct que le bien est quelque chose de personnel à chacun et qu’on peut difficilement nous ravir. En outre, il semble bien que l’on poursuit l’honneur en vue seulement de se persuader de son propre mérite ; en tout cas, on cherche à être honoré par les hommes sensés et auprès de ceux dont on est connu, et on veut l’être pour son excellence. Il est clair, dans ces conditions, que, tout au moins aux yeux de ceux qui agissent ainsi, la vertu l’emporte sur l’honneur. Peut-être pourrait-on aussi supposer que c’est la vertu plutôt que l’honneur qui est la fin de la vie politique. Mais la vertu apparaît bien, elle aussi, insuffisante, car il peut se faire, semble-t-il, que, possédant la vertu, on passe sa vie entière à dormir ou à ne rien faire, ou même, bien plus, à supporter les plus grands maux et les pires infortunes. Or nul ne saurait déclarer heureux l’homme vivant ainsi, à moins de vouloir maintenir à tout prix une thèse. Mais sur ce sujet en voilà assez (il a été suffisamment traité, même dans les discussions courantes).

Le troisième genre de vie, c’est la vie contemplative, dont nous entreprendrons l’examen par la suite.

Quant à la vie de l’homme d’affaires c’est une vie de contrainte, et la richesse n’est évidemment pas le bien que nous cherchons : c’est seulement une chose utile, un moyen en vue d’une autre chose. Aussi vaudrait-il encore mieux prendre pour fins celles dont nous avons parlé précédemment, puisqu’elles sont aimées pour elles-mêmes. Mais il est manifeste que ce ne sont pas non plus ces fins-là, en dépit de
nombreux arguments qu’on a répandus en leur faveur. »

Je crois que depuis l'Antiquité la nature humaine est restée constante, la foule recherche le plaisir, les hommes d'affaire l'argent; et l'honneur reste superficiel... La légion d'honneur quelles que soient les procédures et critères qui amènent à la délivrer est secondaire. On peut alors se demander si Thomas Piketty mène une vie contemplative moderne ?

Aujourd'hui, son travail vise à expliquer et réduire les inégalités et son refus de la décoration peut laisser à penser qu'il agit avec un véritable engagement. Ce raisonnement est un peu simpliste et on pourrait l'appliquer à BHL... à la différence que ce dernier a toujours décliné la légion d'honneur avant de la recevoir. J'attends de voir dans la durée si sa position sera toujours cohérente et vertueuse.

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 20:17

Dès qu'il est question de la mort, nous nous braquons sur nos positions. C'est le sujet le plus difficile à appréhender et à discuter parce que nous redoutons presque tous la fin de nos propres vies. Or je pense que dans ce procès, il n'est pas question d'euthanasie mais d'autre chose.

Durant les auditions, une de ses anciennes collègues est venue témoigner. Elle raconte notamment le phénomène de gasp: lorsque des patients en phase agonique n'arrivent plus à respirer, leur corps se met à faire de longues respirations ce qui est particulièrement éprouvant pour la famille.

Lorsque j'étais adolescent, mes parents s'étaient liés d'amitié avec un couple lors d'un séjour en camping. Le mari, appelons-le Pierre, travaillait chez un constructeur automobile. Un jour, la médecine du travail l'a mis en arrêt maladie longue durée, et de fil en aiguille, les médecins ont fini par lui découvrir une maladie professionnelle incurable. Pierre a vécu 10 ans en arrêt maladie mais sur la fin, ses poumons étaient gravement atteints. Il a exprimé le souhait à plusieurs reprises de ne pas recevoir d'injections pour le placer dans le coma car il voulait montrer à ses enfants que dans la vie, il fallait se battre jusqu'au bout. Ils ont vécu le gasp qui a duré plusieurs heures, ils n'arrivent plus à en parler.

De ce que j'ai compris du jugement, les experts médecins disent qu'on ne peut pas prouver que les doses étaient destinées à tuer. Des twitts que j'ai vu passer, j'ai retenu qu'il existe pour chaque médicament deux valeurs de référence: une première qui indique à partir de quelle dose le médicament fait effet pour 50% des patients, la deuxième la dose qui tue 50% des patients. Ce que je comprends c'est que le docteur Bonnemaison a recherché la dose qui lui permettait de placer assurément ses patients dans le coma pour qu'ils ne se réveillent pas durant l'agonie. Les médecins ont dû estimer qu'elle était assez élevée pour empêcher les patients de reprendre conscience mais pas assez pour rechercher à les tuer.

Parfois, nous sommes confrontés à l’imminence de la mort d'un proche et des médecins essaient de nous expliquer la réalité de ce qui va se passer. Je pense que si nous ouvrions le débat au niveau national et que nous étions confrontés à des vidéos de gasp, la quasi totalité d'entre nous approuveraient le docteur Bonnemaison. Le vrai choix qui aurait pu s'offrir à ces patients était: être placés définitivement dans le coma avant de mourir ou être conscients et s’asphyxier devant leurs proches. Et la question qui se pose alors est comment faire un choix éclairé dans ce moment là ?

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 14:18

Cet article fait partie d'une série essayant de résumer le livre de Thomas Piketty, le Capital au XXI siècle qui fait un peu moins de 1000 pages. Je vous encourage à lire le livre si le sujet vous intéresse.

La théorisation de l'économie a connu différentes grands étapes, commençant par Thomas Maltus qui publie en 1798 un "Essai" dans une France comptant 30 millions d'habitants. En partie aveuglé par ses convictions politiques, il y conclut que c'est une erreur de faire siéger le peuple avec l'aristocratie et qu'il faudrait supprimer l'aide aux pauvres et contrôler la natalité.

Ricardo en 1817 sort "Principe de l'économie politique et de l'impôt".

Il introduit le principe de rareté d'un bien augmentant son prix et étudie l'évolution à long terme du prix de la terre et de la rente foncière. Pour lui, la richesse est captée par les propriétaires terriens et il propose un impôt progressif sur la rente foncière. Sa théorie s’avérera fausse car la part du PIB de l’agroalimentaire ira décroissante à la révolution industrielle.

Marx en 1867 publie "Le Capital".

Il part du principe du rareté de Ricardo et ajoute le concept du prix du Capital. Il analyse la dynamique du capital et la pousse jusqu'à l'infini. Selon lui deux alternatives peuvent se produire:

1) le taux de rendement du capital ne cesse de diminuer, ce qui accroît les tensions entre les détenteurs de capitaux

2) la part du capital des "propriétaires" s’accroît indéfiniment provoquant l'union des travailleurs.

Lui aussi se trompe car, car le progrès technique durable et une croissance continue de la productivité empêche cette accumulation à l'infini.

Enfin, Kuznets en 1953 rédige "La part des hauts revenus dans le revenu et l'épargne".

Il postule que le système s'autorégule et réduit les inégalités. A ces fins, il s'appuie sur des chiffres américains allant de 1913 à 1948. Cette étude est partiellement destinée aux pays du Tiers-Monde afin des les convaincre de pencher du côté Américain dans le contexte de Guerre Froide. Ce n'est pas un main invisible qui a réparti les richesses mais plutôt la conséquence des deux guerres.

Après ces rappels, Piketty se propose de prolonger l'analyse de Kuznets à d'autres pays et d'autres dates avec l'aide de nombreux confères en reprenant les données disponibles.

Il étudie alors:

2) Les revenus et l'inégalité de leur répartition

2) Les patrimoines, leur répartition, leur rapport aux revenus.

Ses conclusions (puisqu'il les livre sommairement en début) seront que le politique joue profondément sur les inégalités de manière plus importante que les mécanismes économiques.

Il existe deux types forces: les convergentes tendent à réduire les inégalités, les divergentes à les amplifier.

Le principal mécanisme de convergence est la diffusion de la connaissance et dans une certaine mesure l'investissement dans la formation et l'ouverture commerciale (la Chine constituant un exemple flagrant de rattrapage des pays industrialisés). Inversement l'absence d'investissement en formation a des effets divergents.

Il existe aussi des forces divergentes indépendantes des convergentes:

1) le décrochage des hauts salaires: Exemple les USA.

2) la concentration des patrimoines en période de faible croissance et de rendement de l'argent élevé. Exemple: l'Europe et le Japon.

Le cas des USA s'expliquant par la capacité des hauts cadres à fixer eux-mêmes leur rémunération.

Source http://piketty.pse.ens.fr/fr/capital21c

Source http://piketty.pse.ens.fr/fr/capital21c

En Europe, le ralentissement de la croissance suffit naturellement à faire monter le rapport Capital/Revenus

Source http://piketty.pse.ens.fr/fr/capital21c

Source http://piketty.pse.ens.fr/fr/capital21c

Mais l'avenir du monde ressemble probablement plus à ce qui s'est passé en France qu'à celui de l'Amérique car les US sont passés de 3 millions à 500 millions d'habitants en 2 siècles or il est peu probable que la population mondiale subisse un tel boum. La France en revanche a cru "seulement" de 30 à 60 Millions ce qui semble une hypothèse plus réaliste.

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 10:29

Jusqu'ici on expliquait la montée du FN par une démobilisation de "l'électorat traditionnel" or on voit ici que ce n'est plus le cas. Non seulement il progresse mais encore les jeunes constituent son électorat de prédilection;

Journalistes et politiques essaient de trouver différentes explications. Je pense que la raison fondamentale, c'est un rejet de la société. Il fût une époque où l'on pouvait dire qu'il suffisait de chercher du travail pour en trouver et celui qui n'en avait pas, c'était celui qui ne cherchait pas vraiment.

Cette époque est révolue, les jeunes et les classes touchées par le chômage ne trouvent plus nécessairement de travail et finissent par se retourner contre la société. Tenter de raisonner ces électeurs, c'est les conforter dans leur choix car ce qu'ils attendent c'est une réaction de la société qu'elle soit positive ou négative.

Le contre pourrait alors se faire par la remobilisation des troupes perdues en leur faisant prendre conscience que droite et gauche ont jusqu'ici toujours réussi à maintenir notre système de protection sociale (qui fait d'ailleurs partie de notre identité française). Les pays vivants en autarcie sont certes ceux qui sont le moins touchés par la mondialisation mais ce sont aussi les plus pauvres.

Pour l'instant, l'envolée reste circonscrite à cet électorat et demeure stérile car sans alliance. Elle pose néanmoins une question sur le comportement de l'UMP à l'avenir. Je me demande surtout comment vont réagir nos voisins car ce ne doit pas être agréable de se dire qu'on risque un jour de se réveiller à côté d'un pays fasciste,

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 16:06

Suite au deuxième succès que rencontre ce pavé de 984 pages de Thomas Piketty aux Etats-Unis, j'ai décidé de l'acheter et d'en commencer la lecture. C'est un livre d'économie assez surprenant car s'il est long, il reste très abordable. Il se décompose en une introduction suivie de 4 parties, je viens de finir la première partie et si je ne sais pas encore jusqu'où il va m’emmener, j'ai envie d'en parler car j'ai déjà beaucoup appris.

Pour le résumer en quelques adjectifs, c'est un livre issu d'une démarche humaniste, scientifique et historique.

Humaniste d'abord car il commence par le premier article de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen: "Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.". Il n'est plus cité par la suite et sans faire de prosélytisme, l'auteur fait l'analyse de la répartition et des inégalités du capital et des revenus à toute la planète.

Scientifique ensuite, il blâme ses confrères qui érigent des dogmes se fondant uniquement sur des modèles mathématiques ou des préjugés. Pour construire sa théorie, il s'appuie sur des mesures des revenus et des patrimoines à travers les siècles. Ces données compilées par pays par différents confrères lui permettent d'observer comment se déplacent les inégalités.

Historique finalement, en reliant ces données d'une part aux événements et d'autre part aux informations dans les œuvres littéraires, il décrit comment la société a évolué avec la répartition des richesses.

Le paradoxe, c'est que j'abordais ce livre dans l'optique d'y trouver des remèdes à la crise en France et que pour l'instant (je ne l'ai pas terminé), je découvre comment le monde a évolué, vers où il est possible qu'il aille... Et à la veille des élections européennes, je me rends compte à quel point, nous français, n'avons pas conscience de ces enjeux au point de risquer d'y envoyer des eurosceptiques.

Pour l'instant, je pense rédiger une série de 5 à 6 articles au fur et à mesure de mon avancement dans le livre mais je ne sais pas encore quelle forme ils prendront ni si j'en viendrai à bout, il me reste encore 800 pages à lire...

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 10:10

J'essaie de restreindre mes articles politiques car je ne possède pas de clefs pour décrypter l'actualité mais le moment est symbolique.

D'abord rapidement sur l'opposition, la règle se confirme à chaque fois qu'il y a un changement de majorité, elle subit un revers aux élections qui suivent et fait remonter l'opposition. Celle-ci est d'ailleurs en crise de leadership et n'a rien à proposer, elle se contente de dire qu'il faut changer de cap. On peut s'interroger sur le sens de cette phrase: la droite suggère-t-elle que l'on revienne sur les baisses de charges faites aux entreprises ou bien que l'on mette la barre à gauche ?

Concernant le FN, il faut laisser les 11 mairies vivre leur vie, c'est l'expression de la démocratie. Néanmoins, ces bascules marquent un tournant dans le mécanisme de vases communicants UMP-PS évoqué précédemment. Jean-Luc Mélenchon l'a maintes fois répété, la montée des extrêmes est inévitable. Si l'alliance se révèle parfois impossible avec l’extrême gauche, ils ne devraient pas être traités comme ils l'ont été par Anne Hidalgo, c'est typiquement le type de situation qui peut coûter cher aux présidentielles.

Enfin sur la majorité, curieusement, lorsque la droite essuyait un revers, les dirigeants "actaient" en criant victoire, je me souviens de l'expression "la branlée en chantant". Une attitude déplacée et en complète opposition avec ce que l'on a vu hier soir: des ministres défaits. Or les politiques ont tous les outils pour se préparer à ce genre de déconvenue. Quand on a soutenu sans réserves et avec langue de bois une politique impopulaire, en sachant que les sondages sont mauvais, il faut savoir garder une certaine contenance, ça fait partie du métier.

Sur le fond, je me suis toujours dit que Hollande allait gouverner en deux temps: la première partie de son mandat à faire ce qu'il voulait et la deuxième à rouvrir les vannes pour remonter dans les sondages. S'il fallait faire aujourd'hui le bilan, je retiendrais le mariage pour tous et une politique d'austérité mesurée mais déprimante car sans objectif pour la population. Dans ce climat de morosité, je ne vois pas comment il peut remonter la pente, et s'il n'a pas la capacité de le faire, il faut qu'il passe la main à un premier ministre plus indépendant.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 17:04

De manière assez imprudente, le gouvernement s'était fixé un calendrier d'inversion de la courbe du chômage. Calendrier qui s'est fait de plus en plus vague au fur et à mesure que l'on approchait des dates d'échéances. Et c'est presque avec étonnement que l'on a pu voir en fin d'année dernière un très bref recul du chômage.

C'est egalement avec surprise que j'ai reçu en mars une lettre de radiation pour non présentation à une convocation. Surprise car, je n'ai jamais été convoqué...En en parlant avec d'autres chômeurs, j'ai eu la confirmation que le même incident s'était déjà produit pour une autre personne. Cette personne m'a raconté qu'elle avait expliqué son problème lors d'une réunion pole emploi et que d'autres chômeurs avaient vécu la même chose. Interloqué, le directeur de l'agence avait demandé aux services informatiques d'enquêter et ils avaient découvert un bug qui faisaient que les lettres de convocation ne partaient pas. Ce bug est-il généralisé à tous les chômeurs ? Ce ne serait pas la première fois Pôle Emploi rencontre des difficultés à gérer son informatique.

Reste que pour mon cas personnel, le directeur d'agence ne répond pas. A-t-il des consignes pour ne rien faire, attend-il la limite de délai légal, est-il simplement négligeant ? Les chômeurs radiés de cette façon peuvent se réinscrire deux mois plus tard et c'est peut-être pour ça que les chiffres finissent par remonter. Une chose est certaine c'est que si cette situation est généralisée, elle a un effet direct sur les votes pour les municipales.

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