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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 10:32

Pour bien comprendre ce qu'est un écrasement, il faut décrire comment se déroule une mise en service de ligne.

Lorsque vous commandez un accès ADSL à un opérateur, celui-ci fait des modifications sur son réseau et transmet la commande à l'opérateur historique, c'est à dire à Orange. Pourquoi donc ? Simplement parce qu'Orange est en charge du réseau cuivre au niveau national, c'est lui qui fait le câblage qui va relier votre prise téléphonique au réseau de votre opérateur.

Cette commande n'est pas instantanée, elle doit passer par un outil fourni par Orange qui ne s'active qu'une fois par heure au maximum. Une fois la commande reçue, Orange renvoie un accusé de réception et va préparer le câblage. Il peut s'écouler plusieurs heures avant que l'opérateur qui a passé la commande ne reçoive l'accusé de réception.

Les locaux où Orange fait le câblage sont appelés répartiteurs, périodiquement les techniciens font le tour des répartiteurs avec des ordres de mission pour câbler et décâbler. Ces déplacements regroupent les ordres pour optimiser les déplacements, c'est ce qui explique le fait que la commande prenne plusieurs jours. Ce système est conçu pour être le plus économique possible et favoriser des frais de mise en service les moins chers possibles.

L'écrasement, c'est lorsque l'on passe une commande sur une ligne qui est déjà active: par exemple, lorsque vous changez d'opérateur ou parfois lorsque vous changez d'offre chez votre opérateur. C'est une opération courante et normale.

Mais il arrive parfois que vous soyez victime de ce qu'on appelle un écrasement à tort: quelqu'un commande par erreur sur votre numéro et Orange vient vous décâbler. C'est là que commencent vos problèmes...

Lorsque vous appelez votre opérateur celui-ci ne sait généralement pas qu'il s'agit d'un écrasement car Orange ne lui a pas encore communiqué l'information. En effet, le technicien une fois qu'il a réalisé son intervention dans le répartiteur doit transmettre un compte-rendu électronique, parfois il le fait en sortant du répartiteur et parfois il ne le fait que le soir même. Son compte-rendu déclenchera une mise à jour des bases chez Orange puis un message à votre opérateur qui partira de l'outil qui s'actualise toutes les heures.

En attendant, votre opérateur aura ouvert un ticket chez Orange pour lui demander de vérifier le câblage. Ticket qui sera rejeté car la ligne n'est déjà plus chez votre opérateur...

C'est là que se trouve la première difficulté, votre opérateur lorsqu'il reçoit la notification d'écrasement ne peut plus rien faire car légalement, il ne peut plus ouvrir de ticket sur la ligne auprès d'Orange. Il n'a généralement pas non plus le nom de la personne qui a écrasé votre accès et même s'il l'a, les conventions lui interdisent de le donner.

Ce mécanisme est très courant car c'est celui qui permet de changer d'opérateur. Si on voulait diminuer le nombre d'écrasement à tort dû à ces erreurs, il faudrait modifier le processus de commande de toutes les lignes ADSL, la difficulté étant de trouver un mécanisme fiable.

L'autorité chargée de réguler les télécoms en France: l'Arcep, a fait un communiqué en 2007 pour rappeler les principes de rétablissement. En cas d'écrasement, il n'y a qu'un seul interlocuteur pour le client, c'est son opérateur avant écrasement. Les opérateurs ont signé entre eux une convention pour régler ce genre de problème: le Changement de Ligne Non Sollicité ou CLNS. Cette convention propose un délai cible de 10 jours pour rétablir un client coupé à partir du moment où il a expliqué à son opérateur qu'il n'a pas demandé à changer d'opérateur. D'après la Fédération Française des Télécoms, fin 2011, on enregistrait entre 4000 et 4500 CLNS (sur plusieurs millions de lignes ADSL), avec un délai médian de rétablissement oscillant entre 7 et 10 jours.

Comment se fait-il que le délai soit aussi long ? Et bien tout simplement, pour que la ligne soit recâblée, il faut que le client rappelle (ou soit rappelé par son opérateur), qu'il lui confirme qu'il n'a pas souhaité changer d'opérateur et qu'il veut que la ligne soit rebasculée chez lui. L'opérateur doit alors renvoyé une commande d'écrasement qui sera traitée dans le planning normal.

Je viens de décrire le cas le plus simple d'écrasement, car il arrive également que la ligne soit écrasée à cause d'une erreur informatique dans les bases de données. Dans ce cas, il peut devenir compliqué de repasser une commande justement à cause du bug. Tant qu'il n'est pas résolu la commande est rejetée par Orange et il n'y a aucune action de recâblage. C'est dans ce type de cas que les délais peuvent dériver de manière importante car il faut du temps pour que l'opérateur s'aperçoive que la commande est rejetée: l'outil met plusieurs heures pour échanger la commande et l'accusé de réception. Après avoir reçu le rejet, il doit résoudre ou faire résoudre le bug par Orange avant de pouvoir relancer la commande.

En conclusion, un écrasement est toujours difficile à vivre d'abord parce que votre opérateur ne possède l'information que plusieurs heures après votre appel. Si on vous confirme un écrasement, rappelez votre opérateur 24h après pour confirmer qu'Orange a bien accusé réception de la commande. Sans accusé réception, vous n'avez pas la certitude que la reconstruction de votre ADSL a commencé.

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 10:35

Cette affaire fait naître des fantasmes et quelques analyses intéressantes. Les deux articles qui m'ont le plus éclairés sont ceux de maître Eolas et de maître Gérald Sadde. Il est clair que ce sont les déclarations du condamné lors de sa garde à vue qui ont apporté la preuve de sa culpabilité. Les raisonnements avancés me laissent quand même quelques doutes qui ne peuvent pas être levés car nous n'avons pas accès aux pièces.

Ce qui est établi, c'est que l'ANSES a mis en ligne un extranet qui aurait dû être protégé par un accès login/mot de passe mais qui en fait ne l'était pas. Le point qui m'étonne, c'est que tout le monde suppose qu'il s'agit d'une erreur involontaire, or sans accès aux éléments, je peux voir au moins deux autres scénarii.

L'ANSES met en place son extranet ou une mise à jour de son extranet. Malheureusement, une fonctionnalité est défaillante et rentre en conflit avec le système de protection des fichiers. La hiérarchie attend l'extranet à une date butoir et la pression monte entre la maîtrise d'oeuvre et la maîtrise d'ouvrage. Finalement quelqu'un prend la décision partagée ou non, de permettre la lecture des fichiers sans authentification. Une fois le projet livré et la pression retombée, ils se rendent compte qu'il n'existe pas de moyen simple de résoudre le problème. Le point reste en suspend et finit par être oublié.

On peut imaginer un deuxième cas hypothétique similaire: le système d'authentification tombe fréquemment en panne mais les équipes sont incapables de le maintenir. Un haut responsable tape du point sur la table et mène la vie dure au DSI. Celui-ci prend alors la décision de désactiver le mécanisme pour sauver sa place.

Le fait de trouver un mécanisme de sécurité inopérant n'est pas suffisant pour en déduire que l'espace est censé être protégé. Il est fréquent dans les projets informatiques de trouver des morceaux de code qui ne devraient pas être là mais que l'on laisse suite à un arbitrage pour gagner du temps ou de l'argent.

Cela peut vous sembler un peu gros mais pour moi le problème se pose de la façon suivante: ont-ils oublié de tester une fonctionnalité évidente et élémentaire ou ont-ils pris une décision incohérente avec leur politique de sécurité ?

Il est également possible que suite au premier procès, l'ANSES se soit rendu compte que le problème provenait d'une erreur d'arbitrage en interne et ait décidé de ne pas faire appel. On peut alors se demander si une partie du personnel de l'ANSES a été mis en garde à vue et si elles ont été menées avec autant de persévérance que pour Bluetouff.

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 09:35

Depuis plusieurs mois, voire même plusieurs années, je vois passer sur mon mur facebook des liens sur Dieudonné. J'ai beau regardé les vidéos, ça ne me fait pas rire et ça me fait même tiquer. Je ne comprends pas car ceux qui postent sont des gens normaux mais je n'ai jamais ressenti le besoin d'aller commenter car au final, je n'ai jamais vu de dérives dans leurs opinions.

Je ne ressentais pas le besoin d'écrire sur le sujet car il me semblait impossible de réfléchir tant il était manichéen: Dieudonné tient un double langage, certains n'entendent que de l'humour potache, d'autres y voient un discours appelant à la haine raciale. C'est cette ambiguïté qui vaut à l'humoriste ses condamnations devant les tribunaux.

C'est alors que Manuel Valls a éprouvé le besoin de partir en guerre contre l'humoriste. Ma première impression a été qu'il n'était pas légitime dans cette démarche et qu'il agissait par opportunisme politique. Je me suis dit que sa campagne n'avait aucune chance d'aboutir, la liberté d'expression protégeant Dieudonné.

Dans le même temps, j'ai vu sur facebook les positions se radicaliser, les "potaches" soutenant ce dernier. Mais que pouvait-on espérer d'autre ? Les indécis ou les sans opinions sont poussés à prendre parti alors que l'on aurait bien d'autres sujets à discuter.

La décision du conseil d'état m'a de prime abord choqué parce qu'elle allait à l'encontre de la liberté d'expression. J'ai alors cherché des analyses de cette décision et je n'ai trouvé que celle d'Authueil. Elle a le mérite de mettre en avant une argumentation: le droit permet l'arbitrage entre plusieurs libertés fondamentales, la liberté d'expression se heurte ici à d'autres considérations. Des twitts que j'ai pu lire, il est normal qu'un référé obtienne réponse rapidement. En revanche, il est anormal que le conseil d'état se prononce aussi rapidement. Cette anomalie du temps de réponse de l'institution montre qu'une partie de l'élite à la même position que Manuel Valls

Dans le camp des antis, il y a alors deux positions: ceux qui soutiennent la liberté d'expression et la préfèrent à la censure, et ceux qui estiment qu'il y a matière à faire une exception.

Mes apriori me placent naturellement dans le premier camp. Et même en essayant de prendre du recul, je ne suis pas vraiment convaincu par les arguments avancés par le conseil d'état. Le point le plus solide, celui du trouble à l'ordre public, me semble plus venir de la publicité faite par Manuel Valls que du spectacle en lui-même. J'y vois une certaine analogie avec les méthodes de campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy et ça m'inquiète.

Je n'arrive pas à voir ce que peut apporter cette nouvelle jurisprudence quand je regarde la radicalisation qui s'opère chez les gens et je vois comment cette exception pourrait être détournée plus tard par un gouvernement décomplexé. A ce sujet, j'ai entendu hier soir dans le JT de France 2 les propos de Brice Hortefeux qui assimilait les décisions de justice à des hésitations de l'exécutif. Nous vivons dans une époque de désinformation et créer des brèches dans les droits fondamentaux me parait plus dangereux qu'utile.

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 15:04

Valérie Giscard d'Estaing n'a pas été invité à la cérémonie précédent les obsèques de Nelson Mandela mais assez étonnamment, il n'y a pas eu de problèmes pour Nicolas Sarkozy...

Je me souviens encore de la polémique du discours de Dakar prononcé sur le sol Africain. Qu'est donc venu faire M. Sarkozy à cette cérémonie, lui qui estime que l'homme noir n'est pas assez rentré dans l'histoire ?

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 13:18

C'est avec étonnement que j'ai vu la loi sur la pénalisation des clients des prostituées avancer. Je pensais que le gouvernement ferait machine arrière au dernier moment en modérant son projet. Les positions de chaque camp sont restées manichéennes comme c'est devenu si fréquent mais il est vraiment surprenant de voir les socialistes dans le même camp que l'UMP ou des gens aux idées très tranchées.

Oui la prostitution est un mal, elle est majoritairement l'expression d'une vision patriarcale déviante bien qu'elle existe également dans la communauté homosexuelle. Pour être plus objectif, la prostitution prend sa source dans des problèmes sociologiques et économiques profonds difficilement solubles. Nous avons en France le système social probablement le plus protecteur au monde et malgré cela, la prostitution y existe et ce n'est surement pas uniquement la faute à des réseaux mafieux. Le but premier de l'état devrait être de mettre fin à tout réseau organisé qui est l'ennemi public numéro 1 de la société. Les associations et les services sociaux devraient ensuite pouvoir prendre le relais dans les cas individuels pour aider à se sortir de ces situations. Les résultats seraient probablement très imparfaits mais il existe une vérité profonde sur la nature humaine: on ne peut pas aider les gens s'ils ne le veulent. Dans le cas présent que deviendront les filles qui ne pourront plus exercer faute de clients ?

Les lois prohibitives de manière générale renforcent les organisations mafieuses en leur assurant un financement. Comme ce fut le cas aux Etats-Unis lors de la prohibition, comme la lutte contre le cannabis l'est également aujourd'hui en France. Les records de saisie ne cessent d'augmenter, preuve que la production suit et il arrive régulièrement en pleine ville que l'on sente des fumées qui ne ressemblent pas du tout au tabac. On lit également fréquemment sur twitter les commentaires de juges, des policiers, des avocats sur les explications vaseuses des gardés à vue: la machine à condamner tourne à plein rendement pour un bilan finalement mauvais avec ce que cela coûte en impôts à la société. Cette loi sur la prostitution, si elle est définitivement votée aura le même succès et viendra renforcer les organisations criminelles.

Finalement, il reste possible que ce débat et ce texte ne soit qu'un écran de fumée. Autheuil indique sur son blog que la loi va être vidée de son contenu soit par le sénat soit par le conseil constitutionnel. Il ne subsisterait alors que les dispositifs d'aide. Je pense qu'il est possible que la majorité n'ait pas voulu assumer un projet de loi visant à aider les prostituées et ait voter un leurre. Si ce n'est pas le cas, j'ai bien peur que le législateur ait manqué de clairvoyance.

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 17:51

Les journaux dans leur ensemble ont parlé de journée de rassemblement hétéroclite et l'éclairage du Petit Journal était assez frappant, les bonnets rouges regroupant de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par d'anciens Manif Pour Tous. On assiste à une nouvelle forme d'organisation de la contestation où quelques uns agrègent des groupes le temps d'une contestation.

Et c'était déjà le cas de la Manif Pour Tous, le mouvement s'étant amenuisé une fois la loi passée. L'exemple le plus flagrant étant Frigide Barjot expulsée de son logement sans qu'aucun de ses anciens alliés ne lèvent le petit doigt... Et c'est bien ce qui risque d'arriver aux bonnets rouges, s'ils continuent sur la même pente.

Le fond du problème, c'est l'emploi en Bretagne et les plans de licenciement notamment dans le secteur de l'agroalimentaire. L'écotaxe servant de prétexte pour revendiquer avec le maximum de notoriété, il est plus facile de brûler un portique que la mondialisation. Le taux de 50% prévu par la Bretagne lui donne un avantage fiscal sur les autres régions françaises, si la taxe venait à être abandonnée en France, la Bretagne n'y gagnerait rien. L'ultimatum envoyé aujourd'hui montre que les bonnets rouges l'ont compris puisqu'il n'est plus question que de l'abandonner sur le seul territoire Breton...

Je n'ai pas trouvé d'explications sur les origines de la crise agroalimentaire: perte de confiance des consommateurs, mouvement végétarien, concurrence internationale ? Comment juger de l'intérêt de soutenir ces secteurs quand chacun se serre un peu plus la ceinture sans que l'on comprenne d'où vient leur crise ? Quelle est l'ampleur du chômage en Bretagne par rapport aux autres régions françaises ?

Dans cette grande récupération, il y a malgré tout un groupe de gens désespérés qui n'a pas réussi à trouver de leader capable de les défendre intelligemment ou de remettre en perspective leur situation. Ils risquent d'être les derniers à bénéficier du mouvement.

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 15:15

Avant les années 70, la France avait la possibilité d'emprunter directement au près de la banque de France à 0%. Cette règle a été modifiée au profit des banques classiques qui prêtent à quelques % dont une des conséquences a été d'accroître la dette publique.

Une idée assez simple mais dont j'ignore la pertinence serait de créer une nouvelle règle basée sur les objectifs d'endettement de l'Europe. On pourrait par exemple permettre aux états d'emprunter au taux de 0% à la BCE un montant équivalent aux fameux 3% de PIB, le reste devant se trouver sur les marchés traditionnels.

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 11:05

Afin de s'adapter aux comportements des automobilistes, le ministère de l'Intérieur met en place un nouveau type de radar.

Ces nouveaux radars possèdent certaines vertues, notamment ils rétablissent l'équité des automobilistes devant la loi. Jusqu'ici les utilisateurs d'avertisseurs n'avaient qu'à ralentir aux points signalés. Avec ces radars mobiles, impossible de signaler un contrôle radar aux autres usagers et la sanction peut tomber n'importe où.

Ces équipements posent aussi de nouvelles questions. En France, les PVs ne contiennent pas les photos des infractions, il faut aller les réclamer. Les machines sont également extrèmement précis, être verbalisé pour 1 kmh d'excès à un radar fixe, ce n'est pas la même chose que d'être pris pour 1 kmh en furtif. Le problème c'est que ces radars sont très spécifiques et déployés sans adaptation du contexte juridique.

Ces radars risquent d'être des machines à détecter de petites infractions. Comment vont régir les français quand ils découvriront aux infos, les témoignages des usagers qui reçoivent des PVs sans photos leur annonçant qu'il y a 5 jours ils ont été pris en excès de vitesse inférieur à 5 kmh ? Franchement, je doute que Manuel Valls tienne très longtemps la position du respect de la loi...

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 11:06
Photo par LifeOfDavid http://www.flickr.com/photos/davidspix/

Photo par LifeOfDavid http://www.flickr.com/photos/davidspix/

Historiquement Fleur Pellerin a plusieurs fois manqué de pertinence dans sa communication notamment quand elle a exprimé le fond de sa pensée sur la neutralité du net. Son annonce sur le crowdfunding à la française s'inscrit dans la droite lignée de suspicion de loi pour plaire à un lobby.

Et pour cause, le lobby bancaire a mauvaise presse et les gens qui investissent dans le crowdfunding ont plus confiance dans leur plateforme que dans les acteurs "traditionnels". Instaurer une limite de participation à 250€ et un montant maximum de 1200 participants par projet donne réellement l'impression de vouloir tuer ces plateformes. Pour faire une comparaison populiste, on peut verser jusqu'à 7500€ a un parti politique...

Reste la menace d'une action en justice des banques contre les plateformes de crowdfunding. Est-elle réelle ? Quelle est la marge de manœuvre de la ministre pour assouplir les limites de son projet de loi ?

Si elle passe en force, elle se grille définitivement auprès des internautes. Si elle retire le projet, tout dépend de l'action du lobby bancaire et de la justice...

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 11:45
CCNE comment choisir les membres ?

François Hollande a choisi de renouveler plusieurs membres du CCNE et de ne plus prendre de personnalités recommandées par les représentants des principales religions. Les réactions ne se sont pas faites attendre et malheureusement, elles ne traitent pas des problèmes de fond. Plusieurs articles condamnent ce choix, j'ai pris pour base cet article du Figaro qui s'inscrit aussi bien qu'un autre dans la tendance. J'ai déjà critiqué le mode du fonctionnement du CCNE dans des billets précédents mais je voudrais prendre un peu de recul sur ce qui est dit.

Prenons le cas des membres proposés par des institutions religieuses. L'article du Figaro explique que chaque institution proposait un seul nom: c'était une manière détournée de nommer directement quelques membres. Ils étaient par là les représentants des religions pouvant exercer un ascendant moral sur d'autres membres. Si l'on souhaite que certains membres puissent être nommés ainsi, y a-t-il d'autres "courants" qui devraient pouvoir nommer des membres ? Cette question est complexe et elle introduit des mécanismes politiques communautaires directs. Je n'y suis pour ma part pas favorable et je préfère le choix actuel du président qui est de nommer des membres ayant des sensibilités religieuses mais non désignés par leurs groupes: l'un se déclare catholique, l'autre protestant mais...

L'objection qui arrive immédiatement, c'est que FH aurait fait un procès d'intention aux membres religieux. Et dans la foulée, le camp des protestataires fait ... un procès d'intention au président. Autrement dit, ils s'estiment neutres bien que nommés par des institutions et ils estiment leurs successeurs non neutres car nommés par une autre institution. On peut même étendre ce raisonnement: Les membres qui ne sont pas renouvelés n'ont ils pas été choisis parce qu'ils étaient favorables aux présidents précédents ? Si on suit la logique, on répond oui... mais élargissons plutôt la question: quelle méthode de sélection serait la meilleure possible ?

Cette question me semble déjà trop difficile car lorsque l'on visite le site du CCNE, on n'y trouve que des références de textes de lois. Il faudrait des statuts ou au moins un récapitulatif qui permette de voir quel est le mode de fonctionnement du CCNE. Ma première impression c'est qu'en gros, la nomination de membres devrait s’apparenter à ce qui est fait pour le Conseil Constitutionnel.

Enfin la non récupération politique du CCNE me parait mieux garantie du moment que les membres peuvent siéger pour des durées déterminées non renouvelables avec la possibilité d'inclure des avis divergents dans les conclusions comme c'est déjà le cas du dernier avis sur la fin de vie. Des politiques peuvent suivre cet avis et d'autres peuvent se ranger derrière l'avis divergent. De cette manière quelques soient les injustices de nomination, on peut entendre les arguments de tous.

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