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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 09:36

Très attendue par les geeks, la fibre progresse lentement en France. Promesse électorale du candidat Hollande, l'ensemble de la population française doit avoir accès au Très Haut débit d'ici 10 ans. J'ai visionné les vidéos du sénat sur le sujet: Audition ARCEP présentation, questions et enfin auditions opérateurs (compte-rendus ici).

 

En préambule, il me semble que les débats sont obscurcis par un certains nombre de non dits qui rendent la situation difficile à comprendre. Je vais essayer de présenter les points de vues des intervenants puis de les commenter d'un bloc pour éviter les contraguments fragmentaires que l'on voit trop souvent sur le Net.

 

Position de la ARCEP

L'ARCEP travaille a un document de cadrage qui doit permettre de standardiser la mise en place de THD sur l'ensemble du territoire. La prise en compte de ce document est très variable suivant les collectivités.

 

Le cadre réglementaire actuel permet aux opérateurs de déployer à leur propre initiative. L'ARCEP considèrera dans 3 ans s'il y a lieu de le faire évoluer.

 

L'autorité n'a pour l'instant pas obtenu de planning détaillé sur la mise en place du THD. Elle souhaite un planning Zone par Zone ainsi que des engagments des opérateurs.

 

A terme, les technologies Cuivre devront être éteintes pour basculer sur la fibre. La zone de Palaiseau est actuellement en cours d'expérimentation.

 

Les besoins de financement sont évalués à 22 Milliards d'Euros sur 10 ans dont 8 Milliards de fonds publics répartis moitié/moitié entre les collectivités et l'état. La part de l'état provenant des redevances sur les fréquences de téléphonie mobiles.

 

Les objectifs étant d'atteindre 50% en des foyers elligibles à au moins 30 Mbits/s d'ici 2017 et 100% en 2025.

 

 

Quelques questions /réponses

Q: Le sénateur Yves Rome souhaite une extension de l'objectif à 100 Mbit/s et une accélération des délais de réalisation. Les conventions en cours d'étude permettraient de réaliser les déploiement en 5 ans alors que le député voudrait (comme les autorités européennes) qu'ils soient ramenés à 3.

Pour lui, il est primorial que le réseau cuivre soit éteint car des progrès technologiques sur le cuivre pourraient retarder voir compromettre la rentabilité du réseau fibre.

R: La commission européenne a retenu le chiffre de 30 Mbits/s repris également implicitement par la feuille de route du gouvernement.

Le délai de démarrage de réalisation dépend de la main d'oeuvre qui doit être formée et ne sera disponible en force suffisante qu'à partir de 2015 / 2016.

Si les politiques souhaitent ramener le délai des conventions de 5 à 3 ans, il suffit d'un arrêté du premier ministre. Les collectivité pourront alors constater la carence et agir en conséquence.

 

 

Q: Philippe Leroy se réjouit du retour de l'Etat dans la politique d'aménagement du territoire et souhaite une loi pour rendre obligatoire la mise en place des schémas entre les collectivités et l'état.

R: L'ARCEP pense qu'il est souhaitable que les régions embauchent un à deux ingénieurs télécoms pour seconder les préfets sur ces questions.

 

 

Q: Bruno Sido demande à l'ARCEP comment surmonter les blocages lorsque l'opérateurs historique refuse de créer des sous-répartiteur. (Nota: le sous répartiteur permet de diminuer la distance entre l'abonné et l'équipement actif et par conséquent d'augmenter les débits ADSL).

R: Point resté sans réponse

 

 

Q: Élisabeth Lamure constate que les offres internet grands public sont vendues aux entreprises à des tarifs beaucoup plus honéreux. Elle demande comment réguler ces offres pour revenir à des tarifs plus acceptables.

R: C'est un chantier prioritaire de l'ARCEP en 2013.

Mon opinion

Avec mon expérience personnelle et forcément limitée, l'objectif de 10 ans me parait dès le début ambitieux. Je pense que dans la globalité ça peut bien se passer, à condition de ne pas voir trop gros.

 

Je n'ai jamais vu d'opérateur qui réussisse à industrialiser la fibre. Au mieux, on arrive à faire de l'artisanat de bonne qualité. Le génie civil fibre est généralement lourd, il demande des préétudes détaillées et donne fréquemment des retards et des surcoûts. Qualifier une fibre est une opération plus compliquée que de qualifier un lien cuivre, parce qu'il faut tester le débit du lien a des débits largement supérieurs, parce que parfois une légère différence de firmwares entre éléments actifs aboutit à des conséquences erratiques et parce que repérer un défaut d'épissure sur une fibre demande une certaine technique.

 

Autant je comprends la volonté des politiques à trouver un cadre, autant je suis un peu inquiet de ce qui pourrait arriver si les déploiements démarraient avec du personnel pas assez qualifié.

 

Faire un déploiement national en mettant en relation l'arcep directement avec les collectivités conduirait à un débordement de l'autorité centrale. Il me semble opportun d'établir un niveau de responsabilité intermédiaire dans les régions pour filtrer et hériarchiser les problèmes. C'est d'ailleurs peut-être aussi pour celà que l'arcep souhaite l'embauche d'ingénieurs au niveau régional.

 

L'extinction du cuivre... Il arrive qu'une technologie arrive en fin de vie, il faut alors procéder au remplacement de ces technologies par de nouvelles. C'est en général très difficile parce que l'inventaire est toujours incomplet et on finit toujours par couper quelque chose d'important mais oublié. Certes Palaiseau donne de bon résultats mais c'est une expérimentation...avec des gens qualifiés...sous le regard des politiques...

 

Il arrive également que certains projets deviennent trop coûteux quand on rencontre des imprévus. Que se passera-t-il si des portions de zone deviennent trop difficiles à déployer ? Certes les collectivités vont pouvoir dénoncer la carrence mais après qui paiera ? Je ne vois pas les opérateurs prendre des risques pareils sans avoir des marges conséquentes.

 

Point non évoqué, quid des équipementiers français ? A-t-on moyen de favoriser nos industries à coûts raisonnables ? 

 

Et enfin, la question de M. Sido est un réel problème, en attendant que faire sur les défauts de couverture ?

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 18:53

"Pour chaque problème complexe, il existe une solution simple, évidente, et fausse". H.L. Mencken

 

La neutralité du net n'est pas une fausse solution, c'est simplement une solution onéreuse. Dans les pays qui l'appliquent, l'accès internet coûte bien plus cher que chez nous, exemple chez ATT le triple play varie entre 79$ et 150$ et chez KPN Nederlands entre 46€ et 67€.

Je suis favorable à la liberté d'expression et à la confidentialité de mes informations personnelles mais si l'on retire aux opérateurs le levier économique des pressions commerciales, les surcoûts qui vont apparaître seront payés par le consommateur. Il me semble bien plus juste d'imposer une qualité minimale pour une connexion Internet et de laisser aux opérateurs une latitude pour y répondre.

 

En ce sens, la découverte des modifications faites par SFR sur son réseau mobile ne me choque pas.

La "dégradation" de l'image est par exemple une option payante chez Orange Bas Débit et je peux vous dire que ça fluidifie la navigation. N'étant pas chez SFR, j'utilise le navigateur Opéra pour obtenir le même résultat sur mon smartphone, le ressenti étant pour moi plus important que le technique.

L'adresse IP remplacée et le javascript n'ont pas l'air de modifier de manière significative ce que l'utilisateur voit. Ca ressemble à un simple proxy et à un script pour adapter l'affichage sur les smartphones. Je pense que SFR s'exprimera sur la confidentialité des données ou l'exploitation qui peut en être faite, par la société ou la police...

 

Reste l'argument: "Nous risquons de ne plus avoir le même Internet sur nos mobiles que sur nos PCs". Avant 2007, l'iphone n'existait pas et ce que vous aviez sur votre mobile était inexploitable. Personne n'a jamais vérifié que nous avions le même Internet et vous n'auriez pas eu l'air très malin si vous aviez avancé ce genre d'argument, tellement c'était évident. Depuis, nous avons obtenu des forfaits illimités de qualité plus ou moins variable. Ici encore, si nous imposons par une loi cette égalité, nous retrouverons les petits forfaits data à 100M et les forfaits illimités hors de prix. Et-ce que ça en vaut bien la peine ?

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 17:56

Lorsque deux opérateurs de réseaux veulent échanger du traffic IP, ils concluent un accord de peering. Les adresses IP du réseau A pourront alors directement échanger du trafic avec le réseau B sans passer par un intermédiraire. A l'inverse quand il n'y a pas d'accord de peering, il faut passer par un opérateur intermédiaire qui vend du "transit".

Le transit coûte cher et fonctionne sans garantie, le peering permet normalement de baisser le coût et d'améliorer la qualité. Les accords de peerings sont réputés la plupart du temps gratuits, c'est plus ou moins vrai. D'abord, il y a toujours une facture minimum à payer au niveau du point d'interconnexion, ensuite le tarif est libre et peut tenir compte d'autres accords.

A l'heure actuelle, des internautes ont relevé que le peering Free/Numéricable était coupé. Les deux opérateurs n'ont fait aucun commentaire. Le traffic d'un abonné Free qui veut envoyer un fichier chez Numéricable passe désormais par des opérateurs de transit et remonte jusqu'à Londres sur un noeud où le trafic sature fréquemment. Pas terrible mais ça marche toujours...

Certains annoncent que l'interconnexion serait coupée depuis le 1er Janvier. Comment le savent-ils ? Soit cette information est fausse, soit ils échangent des fichiers régulièrement et ont constaté la baisse à cette date, soit ils ont eu l'information par une source travaillant chez un des deux opérateurs.

 

Les internautes connaissent Xavier Niel mais ne savent rien des dirigeants de Numéricable. On accuse alors Free d'avoir coupé car il voudrait faire payer le peering à Numéricable. C'est tout à fait possible, mais il y a plusieurs autres explications que personne n'envisagent.

  • Il s'agit d'un incident et l'opérateur fautif ne l'a pas encore traité. C'est un cas possible, le service n'est pas coupé et visiblement jusque là il était passé inaperçu des usagers. Il arrive que sans pression client des tickets trainent.
  • L'accord de peering est toujours valide mais Numéricable n'a pas payé sa facture: rien ne dit que l'accord précédent était gratuit. Certaines personnes affirment qu'un trafic symétrique est nécessairement gratuit, c'est faux. Les accords se font aussi de manière globale mais surtout libre.
  • L'accord précédent est arrivé à expiration. Free et/ou Numéricable a coupé. Les négos peuvent aussi être au point mort.

 

Au final, ce sont surtout les utilisateurs intensifs chez Numéricable qui sont ennuyés, ceux qui ont la fibre et vont chercher de gros fichiers sur les serveurs online.net (filiale d'hébergement de Free). La découverte de cette affaire entraine une montée de la pression médiatique sur Free. En attendant, les deux opérateurs restent silencieux, ça peut durer longtemps.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 14:40

4976261713_270bf18605.jpgVous avez certainement chez vous une imprimante de marque et même si vous imprimez peu, vous changez régulièrement les cartouches à croire qu'elles se vident spontanément toutes seules ;)

 

Pour ma part, je commande des cartouches génériques de remplacement que l'on trouve sur internet. La plupart des imprimantes récentes demandent maintenant des cartouches avec puce, je vous recommande de faire simple et de prendre des lots en vérifiant bien la présence des puces.

 

Pour ma part, j'achète chez Tincko. Avant, le lot de 5 cartouches (3 couleurs, 2 noires) me coûtait dans les 56€ en marque, maintenant, je paie 12,90€ + 6,90€ de frais de port. Pour amortir les frais, je commande 3 lots, ça reste moins cher que d'en acheter un seul de la marque et elles me font l'année.

 

Si vous avez envie d'économiser encore plus, il existe des magasins locaux qui peuvent vous recharger vos cartouches. Vous pouvez également le faire vous même mais ça tache et il vaut mieux avoir un appareil pour effacer les puces, sinon votre imprimante risque de vous envoyer des messages comme quoi vous utilisez des cartouches usagées.

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 12:31

Depuis cet article sur le Casino Drive de 2011, j'ai eu l'occasion de tester deux nouveaux services: Carrefour et Leclerc.

 

Je suis assez fan de ce genre de services: une fois la liste de course créer sur le site, il est très facile de faire son panier, on va alors le retirer à une heure convenue où les employés les chargent directement dans le coffre, fini le piétinage dans le magasin ou en caisse, si on a plusieurs comptes, il est facile de comparer les prix en ligne.

 

Quelques défauts récurrents à tous les sites tout de même, il faut un certain temps pour créer sa première liste de courses sur Internet, il y a moins de choix de produits, certains sont complètement inexitants (Dukan, machines à soda), il y a plus de rupture qu'en magasin.

 

Casino:

Historiquement le premier site que j'ai testé, je ne commande plus chez eux depuis Septembre dernie.

 

Les points positifs:

Le service y est plus personnel, si je leur dis qu'en cas d'absence d'un produit ils peuvent le substituer par tel autre, ils le notent et c'est effectif à la prochaine commande.

 

Ce qui a fini par me bloquer:

Le site est globalement plus lent que sur les autres magasins.

Mes caddies y sont plus chers.

Les commandes sont livrées dans des sacs plastiques jetables.

C'est malheureusement ce que l'on voit fréquemment: on débloque un budget pour créer un service et ensuite on ne le fait pas évoluer...

 

Carrefour:

 

Les plus:

 

Le site est bien construit et rapide, moins cher que Casino.

Les commandes sont disponibles très rapidement (on peut passer commande dans la journée).

Les créneaux sont plus souples (il m'est arrivé d'aller chercher mes courses 3 heures après l'heure convenue...).

Les commandes sont livrées dans des sacs papiers (je m'en sers pour les poubelles recyclables).

 

Les moins:

 

Lorsque l'on modifie la quantité d'un produit, toute la liste des courses se met à jour en rechargeant la page avec une disposition des produits différente.

Il m'est souvent arrivé qu'on me dise que les courses soient complètes et à la maison, je découvre qu'il manque un produit.

L'accès au parking drive que j'utilise est mal conçu: tout au bout, tout au bout, tout au bout du centre commercial après moultes virages sur de petites routes sinueuses.

Le système de borne est bizarre, à une époque, je pouvais scanner le code barre de la commande mais plus maintenant, il faut que je rentre les chiffre un à un.

 

Leclerc - Ma médaille d'or des drives:

 

Les plus:

Le site répond instantannément.

Le service de recherche marche très bien.

Créer sa première liste de course est facile et rapide.

Les stocks sont gérés en flux tendu ce qui fait que les commandes sont quasiment tout le temps conformes.

Les prix sont très bas.

Le service d'accès au parking est très bien pensé: au lieu de scanner à une barrière, le client se gare à la place de son choix et scanne à une borne dédiée; pas de pression de l'automobiliste de derrière, il y a même une borne "Passez commande à cette borne et soyez livré en 10 minutes".

Les sacs plastiques sont consignés comme en magasin.

 

Les moins:

Il manque des rayons "allégés".

Ca donne au tout un aspect travail à la chaîne, car les livreurs défilent entre les voitures mais pas plus qu'une caisse de supermarché.

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 08:58

7635445966_6dbaf6e937.jpgFree est devenu la cible des attaques d'Arnaud Montebourg, le problème c'est que ces arguments peinent à convaincre.

 

Free, pour le consommateur, c'est d'abord une image d'innovation à moindre coût mais à la qualité variable. Sans Free, nous payerions à l'heure actuelle des abonnements ADSL à 50 ou 60€ avec des options TV de base à 10 ou 15 euros. Sans Free, nous aurions également des abonnements mobiles illimités à 40~50€. La société porte encore une image de geek et pourtant a bien y regarder, la clef de son succès n'est plus complètement dans l'innovation.

 

Sur l'ADSL d'abord, il est reconnu que Free fait des économies en limitant sa bande passante vers youtube. Le gouvernement favorise Xavier Niel en ne légiférant pas sur la neutralité du net. La crainte du gouvernement français de favoriser le net américain avec une loi de neutralité laisse les mains libres aux opérateurs pour filtrer ce qu'ils veulent. Et si Free filtre Youtube, il peut par définition le faire avec qui il veut même une société française car il n'y a pas de loi, l'arcep ne pourra rien. Et c'est peut-être vrai pour d'autres opérateurs, de toute façon personne ne mesure...

Notons également qu'il y a peu de chances pour que les abonnés passent à la fibre si un abonnement ADSL limité leur parait satisfaisant.

 

Sur le mobile, Free dispose actuellement de la couverture d'Orange au tarif de lancement opérateur. Tant que la Fibre n'est pas une prioritée, il peut concentrer l'essentiel de son effort sur la création de son réseau mais une fois que celui-ci sera en place, il est probable que l'innovation se portera ailleurs.

 

Les opérateurs se sont toujours alliés pour que l'ARCEP fasse pression sur Orange pour ouvrir les télécoms à la concurrence mais ils ont aussi fait pression pour qu'il y ait pour eux le moins de contraintes légales possibles. La politique de Free se construit habilement dans le consensus non arbitré.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 09:40

Investir dans la fibre demande énormément de moyens, celà fait 10 ans que l'Europe essaie de favoriser ce développement.

Nés dans la bulle spéculative de la fin des années 90, les premiers opérateurs de boucles locales ont tous disparu, un seul à réussi à survivre pour être finalement racheté par Numéricable. La lecon qu'il faut en tirer, c'est qu'elle devient rapidement un gouffre et qu'il faut étudier sévèrement tout investissement pour ne signer que ce qui est rentable.

Face à ce premier trou d'air, l'Europe et l'Etat ont essayé de pousser des Délégations de Service Public (DSP). Des communes, des communes de communes, des régions ont alors confié à des intérêts privés le soin de réaliser et maintenir ces réseaux. Le succès est partiel et comme dans tout service délégué, la société intermédiaire assoie sa marge et c'est le contribuable qui empreinte et porte le risque.

Le gouvernement tente de relancer le plan fibre, vu l'historique, c'est loin d'être évident. L'important c'est de se souvenir de la faillite des opérateurs précédents.

 

Malheureusement, il existe un autre frein au plan Fibre. Les opérateurs sont en train d'étudier des offres "Non Internet". Le consommateur prendrait alors un mini forfait, qui serait par exemple limité au web seul mais sur lequel vous ne pouvez ni jouer en ligne ni aller sur youtube. Pour donner un exemple, au lieu de payer 35€ votre abonnement Internet, vous auriez un accès limité à 20€. Autrement dit en période de crise seriez-vous prêt à vous passer de vidéos en ligne pour faire des économies ?

Le modèle de coût de l'opérateur est en partie propotionnel au volume que vous écoulez, en enlevant les applications gourmandes, il fait des économies d'investissement réseau et il paye moins cher son accès à Internet. Ces offres peuvent rapidement dériver car le Marketting peut créer des segments sans fondements techniques, multiplier les options et construire des offres où l'on n'y voit plus rien et où les prix grimpent incidieusement.

Une fois que vous avez retiré la vidéo quel intérêt avez-vous de passer à la fibre ? Quasiment plus aucun, au contraire, l'opérateur risque de vous facturer le 30 ou 100 Méga plus cher que votre accès ADSL.

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 09:45

L'Arcep procède chaque année a un audit de la qualité de service dans les mobiles(pdf). Cet audit n'est en général connu qu'indirectement par les consommateurs dans les publicités.

 

Dans sa forme actuelle, l'audit a plusieurs défauts:

 

Il est d'abord limité dans le temps, et se déroule sur quelques semaines, un opérateur va donc privilégier les mises à jour de son réseau les moins risquées durant cette période ce qui biaise déjà le résultat. Ensuite, l'échantillon de mesure est limité par le budget. Enfin, les opérateurs connaissent les zones de mesures et ce sont eux qui recommandent les terminaux.

 

Les résultats côté voix ne donnent pas le détail par opérateur: on ne connait les pourcentages de réussite d'appel que pour l'ensemble des opérateurs. Quelques détails ressortent dans l'enquête de 2011, on peut voir que Bouygues Télécom a un problème dans le TGV et que la qualité s'est dégradée sur ce critère depuis 2010 mais impossible de voir ce que font en % les autres opérateurs.

 

Concernant la 3G, on a revanche plus de détails et on constate de manière très visible les débits beaucoup plus élevés chez Orange. L'Arcep a également introduit des mesures expérimentales sur smartphones.

 

Quelle évolution pourrait-on envisager de cet audit ?

 

Le bug chez Orange a fait vivement réagir les ministres et les députés mais fautes d'éléments plus concrets, celà reste un cas isolé. Et globalement, on reste sur des impressions concernant la qualité du réseau. Il y a plusieurs besoins chez les consommateurs:

Savoir si un opérateur passe mieux qu'un autre dans sa commune, avoir une visibilité des incidents et de leur fréquence, donner aux maires de petites communes la possibilité de demander des comptes sur les incidents longs, connaître les couvertures globales (cf le cas FREE). Tout ce qui peut en fait obliger les opérateurs à investir dans la qualité et générer de l'emploi...

 

Je pense que cette évolution passe par la généralisation de l'audit aux smartphones des consommateurs. L'Arcep pourrait faire développer une appli téléchargeable sur les principales plateformes de smartphone qui collecterait anonymement des statistiques. L'audit deviendrait généralisé et permanent. Un site maintenu sous délégation de l'Arcep mettrait  à disposition des consommateurs un tableau de bord géographique: couverture d'une commune, historique des indisponibilités par opérateurs.

Un smartphone est capable de récupérer beaucoup d'indicateurs: puissance d'antenne, à quelle antenne vous êtes raccordés, taux d'appels en échec, temps de réponse 3G, pertes de connexions répétées, tout ce qui vous agace mais n'est pas mesuré... L'effet volume statistique permettrait de gommer les problèmes ponctuels.

Cette méthode n'est toutefois pas idéale, l'inconvénient du smartphone étant qu'il est moins fiable qu'un téléphone classique et nécessite d'être rebooté une fois par jour, mais elle me parait être la seule pouvant aider le consommateur. On peut imaginer par exemple que les résultats soient comparés entre terminaux et OS, poussant ainsi les constructeurs vers la qualité.

 

Les opérateurs seront réticents à cette idée car contrairement à ce que l'on pourrait penser, toutes les antennes ne sont pas supervisées. Ils risquent de découvrir eux-mêmes des choses qu'ils ne connaissent pas et devoir investir pour les corriger.

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 11:55

4666916335_634544f175.jpgLa panne rencontrée par Orange a été un peu plus détaillée après l'audition de son PDG par l'assemblée nationale.

 

Le problème provenait de la HLR: l'équipement qui doit savoir où est physiquement situé chaque mobile en France. Lorsque vous appelez un mobile, la HLR a besoin de savoir à quelle antenne ou au moins dans quelle zone vous êtes pour faire sonner le téléphone de votre interlocuteur.

 

La HLR de marque Alcatel-Lucent était très récente et venait d'être déployée en mai, le logiciel avait été déployé 48 heures avant la panne. Il arrive effectivement que des bugs se déclarent plusieurs jours après les mises en production, ce sont les plus redoutés des équipes d'exploitation. En général, les équipements montrent quand même des signes de défaillance avant la panne: mémoire qui augmente en continue, CPU instable... Il arrive également que certains cas se déclarent spontanément. Ce sont les pires car pour corriger un bug, il faut généralement le reproduire et les équipements en production ont des niveaux de logs minimaux pour ne pas impacter les performances. Il est possible et même probable que la source du problème ne soit jamais clairement identifiee, la prochaine mise à jour sera difficile à déployer avec une tension maximum sur le constructeur dans les jours qui suivront.

 

Le PDG a également indiqué que l'opération a également été réalisée conjointement par Alcatel-Lucent et Orange. Pour des questions juridiques, la règle veut chez les opérateurs que ce soit du personnel opérateur qui assure le pilotage des mises en production. Mais c'est un métier fatiguant, car il faut travailler de nuit, et parfois gérer des crises techniques et/ou politiques le lendemain. Le personnel de responsabilité opérateur et constructeur est souvent lui même sous-traité, car il est difficile de tenir longtemps à ces postes.

 

En ce qui concerne les indemnisations, M. Richard a indiqué que la seule obligation d'Orange relevait des CGV car il ne s'agit pas d'un service public. A ma connaissance chez tous les opérateurs, le discours est le même, on n'indemnise que proportionnellement au temps d'indisponibilité et à la mensualité. Certains cas sortent parfois de ce cadre, ce sont ceux qui peuvent engager la responsabilité pénale de l'opérateur: une ligne qui permet de faire fonctionner des feux tricolores par exemple.

 

Mais il n'est pas dit que cette position soit celle que suivrait un juge. Un opérateur a une obligation de résultats mais il me semble que la loi n'indique pas quelles seraient les amendes en cas de non respect des normes. Par ailleurs, en recherchant dans ces normes, je n'ai pas pu trouvé quelles étaient les règles à respecter. A celà s'ajoute d'autres points: la téléphonie mobile est-elle supposée avoir les mêmes normes de qualité que la téléphonie filaire, la voix sur IP doit-elle être considérée comme de la téléphonie, beaucoup de points à trancher.

 

Enfin sur les services d'urgence, M. Richard explique que les numéros d'urgence fonctionnaient toujours. Il explique également qu'aucun dossier client de demande d'indemnisation ne lui est remonté. C'est possible car les dossiers de demande sont longs et difficiles à monter. Les députés cherchaient à ce que dans ces cas là, l'ensemble du trafic bascule chez les autres opérateurs avec une refacturation a posteriori. Il est évident qu'Orange n'a aucun intérêt a basculer vers ce type de secours mais il n'est pas dit que les réseaux des autres opérateurs puissent absorber les utilisateurs d'Orange. Plus raisonnable et plus réaliste, il manque clairement  des offres secourues sur l'ensemble des opérateurs pour les usagers qui sont prêts à payer pour ce type de secours.

 

L'ARCEP est clairement l'organisme qui pourrait approfondir ces questions mais il manque actuellement le soutient politique qui lui permettrait de traiter ces questions. Il fournit d'ailleurs des indicateurs sur la qualité mobile , je ferai un article sur cet audit annuel.

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 15:25

62757720_7a09f2caf8.jpgJ'ai fait hier l'acquisition d'une machine à soda après avoir lu le test de l'UFC Que Choisr.

J'avais une opinion assez limitée avant l'achat.

 

Le contre:

  • L'argument économique n'est pas vraiment intéressant pour les sodas, il est même défavorable si vous achetez actuellement des sodas marques discount.
  • Les machines n'ont pas l'air très simple d'utilisation.
  • Les avis sur le goût sont partagés.

Le pour:

  • Plus de gros packs d'eau gazeuse où de soda à transporter.
  • Très écologique avec les bouteilles plastiques réutilisables, les bouteilles de gaz étant de plus consignées.
  • L'eau du robinet est potable.

 

Je me rends donc dans un grand magasin et prend une machine haut de gamme de belle couleur.

Arrivé chez moi, je lis la notice qui est très courte mais ne semble pas correspondre parfaitement avec ce que je vois: il n'y a pas de scellé sur la bouteille de gaz.

 

Je mets en place le matériel, un peu laborieusement mais au final le système de fixation est très simple. J'envoie de petites pressions comme indiqué sur la notice et rapidement, j'entends un bruit comme lorsque les enfants s'amusent à dégonfler un ballon en pinceant les lèvres. Ha...il est indiqué que le bourdonnement doit être reproduit 3 à 5 fois suivant la quantité de gaz voulue. J'appuie mais l'indicateur qui doit me dire si l'eau est gazéfiée est muet. Interrogations, je relis la notice. Les vidéos sur le net ne me disent pas grand chose, seuls quelques particuliers américains montrent de vrais utilisations mais il n'y a pas mon modèle...

Je décide de mettre le concentré de cola dans la bouteille et au frigo. Le cola n'a pas le goût d'une grand marque mais c'est très proche, il faut simplement mettre une bonne dose.

 

Ma moitié rentre. Je lui ai laissé la deuxième bouteille à préparer, c'est toujours bien d'avoir un deuxième avis. Elle lit la notice mais y va beaucoup plus fort que moi sur le gaz, projections d'eau à l'arrière avec un petit bruit de gaz qui s'échappe. La notice est un peu inquiétante à ce sujet. Au bout d'un moment, on déclipse la bouteille, l'eau est très pétillante et très bonne, on dirait même une vrai eau pétillante de commerce, cool!

 

Par contre quelques heures après, j'essaie de me resservir et le gaz a l'air d'être parti...

 

Le lendemain, je retourne en magasin. J'approche du SAV, le gars sourit jusqu'à ce que je pose la machine sur le comptoir et là tension. S'en suis un quart d'heure de discussion très agressive, il finit par me faire une démonstration et là surprise, il n'utilise pas la machine comme sur la notice, il fait une pression très longue et n'hésite pas à forcer après le bourdonnement. Surprise, l'indicateur qui était muet hier s'est aujourd'hui allumé. Je lui fais remarquer qu'il y a un bruit de fuite, il démonte la bouteille sans avoir relaché le clapet de sécurité... On entend un gros pschitt, il me tend une bouteille qui pétille du feu de Dieu avec un large sourire, je lui concède qu'elle est bien gazéifiée, et lui fais remarquer que le plan de travail est plein d'eau, il me dit que c'est normal vu qu'il a forcé sur le gaz. Je lui fais également remarquer que la bouteille est déformée au culot. Oui me dit-il c'est juste un défaut de fabrication.

 

J'aborde alors le point du gaz qui ne tient pas, il me dit qu'il faut reboucher les bouteilles. Nouvel échange aimable. Il refuse de reprendre le produit. Je prends la facture: je lui dit que je note sur la facture les points qui ne me vont pas et qu'il y répond et je verrai avec la direction. Sa collègue au stand d'à côté intervient me demande de me réexpliquer et va demander un arbitrage à son manager. Elle revient et ils me changent la machine avec un sourire triomphant du gars du SAV.

 

Je suis actuellement en train de boire un cola éventé fait avec ma nouvelle machine tout en rédigeant cet article. J'ai le sentiment qu'à chaque fois que l'on ouvre la bouteille, une grand partie du gaz se libère, à la troisième ouverture, il n'y a déjà presque plus rien :(

 

Ajoût du 5 Juin 2013:

Un petit ajoût à l'article, la perte de gaz de l'eau en bouteille est connue depuis les années 1800, je vous invite à consulter le wikipedia de l'eau de seltz. C'est la raison pour laquelle, les siphons étaient hermétiques. Une fois le gaz injetté, on n'ouvrait plus la bouteille, dommage qu'aucune machine moderne n'ait repris le principe...

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